Abdouraouf Bamoussa quitte une petite route goudronnée de Chiconi, commune de 13 000 habitants sur la côte Ouest de Mayotte, pour monter à pied sur un chemin de terre défoncé. Après avoir croisé des lémuriens, l’agent recenseur de la commune aperçoit quelqu’un, en short et sandales, se faufilant entre des bananiers. Il le hèle en shimaoré. L’homme est craintif. Il est Comorien, arrivé à Mayotte en 2004 à bord d’un kwassa-kwassa, ces barques motorisées pilotées par des passeurs qui franchissent les 70 km séparant les Comores du département français.
«Il n’y a pas de vie là-bas», raconte-t-il pour justifier son exil. Sans papier depuis, Amine Djamael Papa s’est déjà fait interpeller par la police des airs et des frontières française et expulsé sur son île natale… pour revenir à Mayotte deux semaines plus tard. David Capelle, le superviseur de l’Insee accompagnant Abdouraouf Bamoussa mardi 2 décembre, lui explique qu’il ne risque rien, que l’Institut de la statistique, qui chapeaute le recensement




