Ils ont pris leur décision au deuxième jour des émeutes à Nouméa. Damien et Audrey (1), 35 et 37 ans, habitants du quartier de Savannah, vont quitter la Nouvelle-Calédonie. Quelque peu écœurés par les conditions de travail des entraîneurs de natation dans le «système français», ils réfléchissaient déjà à rejoindre l’Australie. Mais pas comme ça, et certainement pas d’ici deux mois. «On aurait pu être heureux de partir, mais c’est totalement l’inverse. On a l’impression de laisser tomber le club, les nageurs, les gens autour de nous… Tout s’entrechoque, on est complètement frustrés», lâche Damien, originaire de l’est de la France, qui aura vécu six ans en Calédonie. Sa compagne était arrivée à l’âge de 18 ans. «Elle a plus vécu ici qu’ailleurs. C’est très dur pour elle. Mais on s’est posé la question : est-ce qu’on se sent chez nous ici ? La réponse, c’est non. On n’imagine pas rester ici dans un contexte aussi violent.»
Depuis lundi 13 mai, les émeutes ont fait sept morts par arme (quatre civils et trois membres des forces de l’ordre). Les innombrables incendies ont surtout détruit des entreprises, mais également des maisons. Dans la nuit de vendredi à samedi, 35 personnes ont été exfiltrées du quartier de Kaméré et plusieurs logements ont été brûlés, dont celui d’un couple et de leur bébé de 2 mois. Exprimant son «désarroi total», le jeune père a ouvert une cagnotte qui doit permettre à sa famille de rebondir vers «une autre destination», après di




