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Ils envisagent de quitter la Nouvelle-Calédonie : «On n’imagine pas rester ici dans un contexte aussi violent»

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Nés sur place ou venus de métropole, de nombreux habitants de Nouméa d’origine européenne réfléchissent à quitter le territoire, effrayés par la tournure violente des mobilisations indépendantistes contre le dégel du corps électoral voulu par Emmanuel Macron.

Noumea, Nouvelle-Caledonie, mardi 28 mai 2024. Un message contre la presidente loyaliste de la province Sud Sonia backes, sur un barrage du quartier de riviere salee, tenu par des militants independantistes. Quinze jours apres le debut des troubles a l ordre public, la circulation n est pas retablie a travers l agglomeration. (Theo Rouby/Hans Lucas)
Publié le 29/05/2024 à 13h13

Ils ont pris leur décision au deuxième jour des émeutes à Nouméa. Damien et Audrey (1), 35 et 37 ans, habitants du quartier de Savannah, vont quitter la Nouvelle-Calédonie. Quelque peu écœurés par les conditions de travail des entraîneurs de natation dans le «système français», ils réfléchissaient déjà à rejoindre l’Australie. Mais pas comme ça, et certainement pas d’ici deux mois. «On aurait pu être heureux de partir, mais c’est totalement l’inverse. On a l’impression de laisser tomber le club, les nageurs, les gens autour de nous… Tout s’entrechoque, on est complètement frustrés», lâche Damien, originaire de l’est de la France, qui aura vécu six ans en Calédonie. Sa compagne était arrivée à l’âge de 18 ans. «Elle a plus vécu ici qu’ailleurs. C’est très dur pour elle. Mais on s’est posé la question : est-ce qu’on se sent chez nous ici ? La réponse, c’est non. On n’imagine pas rester ici dans un contexte aussi violent.»

Depuis lundi 13 mai, les émeutes ont fait sept morts par arme (quatre civils et trois membres des forces de l’ordre). Les innombrables incendies ont surtout détruit des entreprises, mais également des maisons. Dans la nuit de vendredi à samedi, 35 personnes ont été exfiltrées du quartier de Kaméré et plusieurs logements ont été brûlés, dont celui d’un couple et de leur bébé de 2 mois. Exprimant son «désarroi total», le jeune père a ouvert une cagnotte qui doit permettre à sa famille de rebondir vers «une autre destination», après di

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