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Reportage

«A mon arrivée, les autorités m’ont dit de me débrouiller» : dans un campement à Mayotte, l’errance sans fin des exilés

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Dans le département d’outre-mer où la loi dégage l’Etat de ses obligations de relogement, plus de 800 migrants africains survivent dans un campement de fortune dans le plus grand dénuement. Avant d’arriver là, la plupart ont subi plusieurs expulsions.

Le long de la route de Tsoundzou à Mayotte, le 3 décembre 2025. (David Lemor /Libération)
Publié le 04/01/2026 à 12h23

Sur une bande étroite de boue et de terre, coincés entre la mangrove de l’océan Indien et les grilles du village de l’association Coallia, qui propose en nombre réduit des hébergements d’urgence, plus de 800 migrants africains s’entassent sous des bâches de fortune. Ils transpirent sous un soleil étouffant dans des abris minuscules, au sud de Mamoudzou. Certains ont dressé leur «tente» à même le sable marron et sont inondés lors des grandes marées. «La nuit, les gros crabes nous pincent et notre matelas est trempé», déplore Espérance Kamanda, entourant de ses bras ses deux enfants. La Congolaise dit avoir été violée par des soldats du M23, un mouvement soutenu par le Rwanda et opposé au gouvernement de Kinshasa. Elle a fui son pays en guerre et aurait payé 105 euros à des passeurs, qui l’ont transportée des côtes tanzaniennes au large des Comores. Elle a ensuite été transbordée sur un kwassa, une barque motorisée, et débarquée sur le département français.

Venus de république démocratique du Cong

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