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Reportage

Exilés à Dunkerque, le nouveau Calais : «Le manque d’hygiène est alarmant et la police reste la seule réponse visible de l’Etat»

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Dans la métropole du Nord et ses alentours, environ 2 500 personnes vivent dans des conditions terribles. Impuissantes et en colère, six associations ont attaqué mardi l’Etat en justice pour «non-respect des droits humains», révèle «Libération».

Des centaines d’exilés originaires de pays en guerre – Soudan, Afghanistan, Erythrée, Somalie et ailleurs – cohabitent dans un gigantesque terrain vague. (Stephane Dubromel/Hans Lucas pour Liberation)

Quelque part dans un coin du nord de la France, il existe des vies qui ne comptent presque pas. A Loon-Plage, une commune collée à Dunkerque et son port, des centaines d’exilés originaires de pays en guerre – Soudan, Afghanistan, Erythrée, Somalie et ailleurs –, cohabitent dans un gigantesque terrain vague. Ils marchent dans la boue, dorment sous des tentes, chopent des maladies et galèrent pour manger. Les toilettes sont inexistantes et la dignité humaine laissée en plan. Un immense mur de blocs de béton a récemment été construit pour séparer le terrain vague de la voie de chemin de fer.

Dans ce monde à l’abandon, la police est partout. Des patrouilles déambulent tout autour de la parcelle, pour empêcher les exilés de rejoindre illégalement la Grande-Bretagne à bord de bateaux pneumatiques de fortune. En septembre, lors d’une réunion avec une association, le sous-préfet de Dunkerque, Frédéric Loiseau, avait estimé à 2 500 les personnes vivant dans les camps près de la métropole nordiste et de ses alentours. Cinq fois plus qu’à Calais, dans le département voisin, épicentre et ville symbole, depuis plus de deu

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