Menu
Libération
Récit

Grilles anti-migrants, murs, rochers : comment Calais s’est bunkerisé

Réservé aux abonnés

Depuis le début des années 2000, la cité portuaire multiplie les dispositifs pour repousser les exilés. Quitte à prendre des airs de prison à ciel ouvert, regrettent certains habitants.

Dans la jungle de Calais, quelques jours avant le démantèlement, en mars 2016. (Stéphane Lagoutte/MYOP)
ParClémence de Blasi
Correspondante à Lille
Publié le 19/11/2025 à 5h40

A Calais, ces dernières semaines, tout le monde ne parle que du varan. Une créature mécanique XXL (près de 6 mètres de haut, 15 mètres de long environ) conçue par la compagnie nantaise la Machine, et dont l’arrivée s’est accompagnée, du 7 au 9 novembre, de trois jours de festivités. L’imposant saurien, tout comme le dragon géant qui a pris ses quartiers dans la ville depuis 2019, attire les regards. Un investissement massif, plusieurs dizaines de millions d’euros, avec un objectif clair : changer la perception de la cité portuaire de plus de 67 000 habitants (la ville en comptait près de 75 000 il y a dix ans), devenue au fil des années l’un des symboles de la crise de l’accueil des migrants.

La sous-préfecture du Pas-de-Calais ne veut plus être associée à ces images d’exilés hagards et de campements insalubres publiées dans les médias du monde entier. Au spectaculaire bestiaire la tâche d’occuper l’espace, de faire rêver et oublier un pan

Dans la même rubrique