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Reportage

«L’élan de solidarité a fait boule de neige» : en Aveyron, un village revit grâce aux immigrés

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A Saint-Chély-d’Aubrac, l’accueil enthousiaste de familles étrangères a repeuplé l’école et permis d’assurer le fonctionnement de la maison de retraite, tout en fédérant les habitants.

Medhanie, aide-soignant érythréen, et son amie Madeleine, 86 ans, engagée pour l’accueil des immigrés à Saint-Chély-d’Aubrac, le 22 janvier. (Julien Coquentin/Libération)
ParSarah Finger
correspondante en Aveyron
Publié le 28/01/2026 à 8h15

Il n’y a pas si longtemps, racontent les anciens, on était considéré ici comme un éternel étranger dès lors qu’on était né un peu loin du village. Aujourd’hui, à Saint-Chély-d’Aubrac (Aveyron), on bénit ces enfants originaires de plusieurs pays asiatiques et africains, qui repeuplent les bancs de l’école, et leurs parents qui permettent à l’Ehpad local de fonctionner. «Sans eux, on ne pourrait pas y arriver», résume David Morin, directeur de cette maison de retraite.

Ancré sur les contreforts du plateau de l’Aubrac, ce village de 525 habitants s’est mobilisé depuis 2018 pour accueillir cinq Erythréens, trois Vietnamiens, une Roumaine, ainsi que leurs neuf enfants. Evoquer cette épopée ranime la fierté des habitants. «L’esprit du village a été transformé», s’enthousiasme Madeleine, 86 ans. «Ici on est à la montagne, il n’y a jamais eu d’étrangers. Aujourd’hui, on ne voit plus de différences entre nous tous, on ne se pose plus de questions. C’est comme si ces familles étaient là depuis le Moyen-Age ! Les mentalités ont changé», assure Christiane Marfin, maire de Saint-Chély-d’Aubrac.

Elue sans étiquette en 2014, cette centriste, comme

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