A la tombée du jour, une routine s’est installée à l’église Saint-Polycarpe, dans le 1er arrondissement de Lyon. Depuis le 23 novembre, le lieu de culte situé dans les pentes de la Croix-Rousse abrite chaque nuit entre 60 et 90 jeunes exilés. A 18 heures, les matelas, collectés par des paroissiens, sont installés à l’intérieur de l’édifice, dans ses bas-côtés, et les couvertures sont dépliées pour tenter de se réchauffer. Depuis deux semaines, les températures nocturnes flirtent avec le 0 dans le département du Rhône.
Le premier dimanche de cette occupation, Tijani n’a pas eu la force de se présenter devant la bâtisse de pierres. «Je ne me sentais pas bien, quand il pleut, tu ne peux pas réfléchir, ça devient difficile, tu es obligé de rester dans la tente, même si l’eau rentre», explique le Camerounais, qui apprécie le répit offert à Saint-Polycarpe. Même si «tant qu’on n’est pas dans une maison, on ne peut pas dire que ça va».
Après la distribution de café et de pain, l’église est refermée chaque matin à 9 heures. La plupart des exilés rejoignent l’étendue de toiles qui quadrillent le jardin des Chartreux, à quelques centaines de mètres de là. Depuis janvier, ce parc s’est transformé en campement précaire : entre 250 et 300 personnes migrantes y vivent dans des tentes grises posées sur des palettes. Originaires d’Afrique de l’Ouest,




