«Non. Je ne sais pas de quoi tu me parles.» Il ne dira pas un mot de plus, même pas son prénom. Il surveille les voitures qui déboulent sur le parking du Batkor, à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Elles sont rares. De nombreux hommes se pointent tous les matins devant l’enseigne spécialisée en bricolage en espérant trouver une mission. Un particulier qui recherche un ouvrier pour ses travaux à la maison ; un chef de chantier qui recrute à l’arrache de la main-d’œuvre. Un travail non déclaré et rémunéré en liquide. John est originaire du Bénin. Il porte un gros bonnet, des gants : un mardi glacial. «Je suis en France depuis quelques années déjà. C’est dur. Un ami m’a dit que la loi allait être encore plus dure mais ça ne changera rien pour les gens comme moi.» John est un trentenaire cabossé. Il dort à la rue ou dans les squats ; travaille au jour le jour. Il a appris à «faire le carrelage et la peinture», dit-il en surveillant les potentiels recruteurs.
Reportage
Loi immigration : «Pourquoi la France nous traite comme ça ?»
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De Paris à Bobigny, des étrangers en situation irrégulière et régulière, qui ont grandi ou travaillent dans l’Hexagone, évoquent pour «Libé» leur désarroi de se sentir à ce point stigmatisés.
Lors d'une manifestation contre la loi immigration, à Paris, lundi 18 décembre. (Stéphane Lagoutte/MYOP pour Libération)
Publié le 19/12/2023 à 20h24
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