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Procès

«On est en train de juger la solidarité» : à Bayonne, sept défenseurs des droits des étrangers attendent leur jugement

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En mars 2024, 36 migrants ont franchi la frontière entre l’Espagne et la France lors d’une course à pied. Une action revendiquée par des militants, dont certains sont poursuivis pour «aide à l’entrée sur le territoire français de personnes en situation irrégulière». La décision est attendue jeudi 16 décembre.

Lors d'un rassemblement en soutien aux militants jugés à Bayonne, le 7 octobre. (Gaizka Iroz/AFP)
ParCarole Suhas
Correspondante au Pays basque
Publié le 16/12/2025 à 5h09

Dossards épinglés sur le tee-shirt, en petites foulées, entourés de milliers de coureurs en tenue de sport, 36 migrants passent la frontière entre l’Espagne et France, au Pays basque, à la faveur d’une course pédestre de soutien à la langue basque. Une vidéo, publiée et revendiquée quelques jours plus tard par des défenseurs des droits des étrangers, immortalise l’instant. Elle vaudra peut-être à sept militants d’être condamnés, mardi 16 décembre, par le tribunal de Bayonne pour avoir aidé l’entrée sur le territoire français de personnes en situation irrégulière.

Le 16 mars 2024, la Korrika, une course de 11 jours et 10 nuits pour soutenir la spécificité linguistique régionale, s’élance depuis Irún en Espagne pour rejoindre sa voisine française Hendaye. Ici, les ventas (les auberges traditionnelles) vendent cigarettes et alcool à prix discount et des ponts piétons et routiers enjambent la Bidassoa. Dans ce fleuve qui fait office de frontière, au moins cinq exilés sont morts noyés, entre 2021 et 2022, en tentant de passer d’une rive à l’autre.

Dans ce décor, chaque jour, des dizaines de migrants tentent, inlassablement, de franchir la frontière et se heurtent, tout auss

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