Elles ont débarqué à Aurillac, chacune avec un enfant en bas âge, dès le début de la guerre en Ukraine. Elles ne connaissaient pas la France, encore moins le Cantal, ne parlaient pas un mot de français et avaient tout laissé derrière elles : famille, amis, logement, carrière. Daria Grinchuk, 42 ans, habitait Zaporijia. «Les Russes avançaient vite, il a fallu fuir, raconte-t-elle. Mon mari a été mobilisé. Moi, je suis arrivée en France en mars 2022 avec un sac à dos et mon fils d’1 an dans les bras.» Après un périple d’une semaine, Daria atterrit à Giou-de-Mamou, un bourg de 700 habitants situé à 6 kilomètres d’Aurillac. Une destination bien improbable pour cette jeune urbaine, qui travaillait jusque-là comme conseillère bancaire. Pourquoi Giou-de-Mamou ? Car c’est là que réside Gérard, beau-frère d’une cousine par alliance, seul point de chute hors d’Ukraine identifié par le mari de Daria. Elle et son fils resteront six mois dans ce village avant de déménager du côté d’Aurillac.
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Olena Shcherbyna, 30 ans, est elle aussi guidée vers le Cantal par une lointaine connaissance. Mais son trajet ne ressemble guère à celui de Daria : «Lorsque la guerre a éclaté, j’étais en vacances en République dominicaine, avec mon mari et mon fils d’un an et demi. Nous nous sommes retrouvés coincés là-bas, avec notre petite valise, nos vêtements d’été et nos maillots de bain… Nous avons choisi de ne pas retourner en Ukraine, pour protéger notre fils.» Le mari d’Olena se souvien




