Au deuxième étage d’un immeuble situé passage Amelot, dans le XIe arrondissement de Paris, les fenêtres de l’appartement de Maria (1) donnent sur les issues de secours et les loges du Bataclan. Il fait bon ce soir du 13 novembre 2015, alors elle les a laissées ouvertes. En quelques heures, «Paris s’écroule». Tapie sur le sol de son salon, puis réfugiée dans un placard, dont les portes closes laissent quand même filtrer la lumière des explosions et les cris «d’agonie», elle assiste à tout. Se dit qu’elle va «y passer». Sept mètres la séparent des terroristes, qu’elle entend distinctement dire «on va tout faire péter». Rampant sur le sol, dans la pénombre de son appartement, Maria voit ensuite «les gens sortir par les fenêtres, les cadavres ou les agonisants, le chaos». Les terroristes tirent en direction de son immeuble, blessent mortellement son voisin du dessous, dont les fenêtres sont restées ouvertes. Ayant perdu l’usage de la parole, Maria reste prostrée chez elle jusqu’à l’aube. Un mois plus tard, son appartement est cambriolé. En rangeant ses affaires éparpillées, elle retrouve une douille de kalachnikov sur le re
Dix ans après
Indemnisation des victimes du 13 Novembre : «On me reproche de m’être cachée»
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Reconnue partie civile lors du procès des attentats mais déboutée du fonds d’indemnisation, une voisine du Bataclan s’est pourvue en cassation. Illustration du parcours de reconnaissance douloureux des rescapés.
A quelques mètres du Bataclan, à Paris, le 13 novembre 2015. (Vincent Boisot/Riva Press)
ParEmilia Spada
Publié le 08/11/2025 à 6h00
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