Devant le lycée Gabriel-Fauré (XIIIe arrondissement de Paris), plusieurs ados relatent avoir pris connaissance ce vendredi midi de l’annonce d’Emmanuel Macron, effectuée lors d’un échange avec des lecteurs de journaux régionaux de l’Est du groupe Ebra à Mirecourt, dans les Vosges. Le Président veut interdire le téléphone portable dans les lycées, une mesure pourtant déjà compliquée à mettre en œuvre dans les collèges.
«Je trouve ça nul», balaie Salomé, élève en terminale. si elle ne serait concernée qu’en cas de redoublement, la jeune fille tient tout de même à réagir : «Avec les récrés et la pause du midi, on n’a déjà pas beaucoup de temps de pause. Cette interdiction, ça ne sert à rien.» Actuellement, selon le règlement de l’établissement parisien, les smartphones doivent «être éteints et se trouver au fond du sac» lorsque les élèves sont en classe. Mais certains professeurs tolèrent son usage. «En maths, je peux l’utiliser par exemple pour la calculatrice», témoigne une autre élève.
Privation de «liberté»
Un peu plus loin Abdel, 16 ans, scrolle assis sur un Vélib. «Quand je suis tout seul, j’utilise souvent mon téléphone», dit-il en levant les yeux de TikTok. Scolarisé en première dans un lycée voisin, il assure que l’interdiction du téléphone ne lui permettrait plus de «donner des nouvelles à [sa] mère». Et dans un sourire : «En plus, on ne pourra plus tricher… Ça m’est arrivé tout à l’heure en physique chimie.» Deux vélos plus loin, c’est sur l’application Snapchat qu’Alicia montre une photo à sa copine. Elle dénonce la proposition d’Emmanuel Macron, une privation de «liberté» de nature à empêcher les jeunes de s’émanciper.
Décryptage
Elève en seconde, elle vient tout juste de goûter au téléphone à l’école. «La plupart des gens ont hâte d’avoir ce changement en arrivant au lycée. On peut enfin écouter de la musique… Tout se fait sur le téléphone aujourd’hui, même réviser les cours.» De son côté, Wassim assure que l’interdiction pure et dure serait inutile : «Au contraire, ça va inciter les lycéens à contourner les règles.» Il imagine déjà ses camarades venir en cours avec un second téléphone. Lui passe aujourd’hui environ cinq heures par jour en moyenne sur son smartphone – vérification faite par Libé dans les réglages de l’appareil.




