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«J’espère que l’histoire de ma mère servira à alerter» : en Loire-Atlantique, une sexagénaire meurt à la rue prise entre vie chère et crise du logement

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Sylviane Police est morte le 23 novembre après avoir passé la nuit dans sa voiture sur un parking à Quimiac, des suites d’un arrêt cardiaque, quatre mois après avoir été expulsée de son logement avec son époux. «Libération» a rencontré ses deux enfants.

Maximilian et Sybille Police, vendredi 28 novembre à Quimiac (Loire-Atlantique). (Theophile Trossat/Libération)
ParMarine Dumeurger
correspondante à Nantes
Publié le 01/12/2025 à 6h00

La pluie tombe en gouttes épaisses, lourde comme le chagrin, ce vendredi 28 novembre au matin sur la place de Quimiac (Loire-Atlantique). Sybille Police, 31 ans, se tient contre son frère Maximilian, six ans de plus, un géant effondré qui ne cesse de pleurer et de parler à sa sœur. Et on ne sait plus vraiment lequel supporte lequel. Si c’est lui, ou bien elle, qui acquiesce simplement, sans mot dire, la tête en appui sur son frère, le regard cerné par leurs dernières nuits. Enterrée la veille, leur mère, Sylviane, est morte il y a à peine une semaine, à l’endroit même où ils se tiennent. Et si le marché a repris son cours dans cette commune de 2 200 habitants, tout le monde a eu vent de cette histoire sordide.

Dimanche dernier, entre l’office du tourisme et les toilettes publiques, Sylviane Police a succombé d’un arrêt cardiaque à 66 ans, après avoir passé la nuit dans sa voiture. En juillet, le couple de retraités s’était fait expulser de son logement privé pour des loyers impayés. Arrivés en 2011 dans la commune voisine de Piriac-sur-Mer, en proie à

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