Nos amis les félins pourraient nous aider à mieux comprendre, et peut-être même mieux soigner, certains de nos cancers. C’est ce qu’avance une étude publiée dans la revue Science le 19 février. Selon l’équipe d’experts en médecine vétérinaire, les chats, comme les chiens, sont «d’excellents modèles» car ils sont exposés au même environnement, notamment à «la pollution ou au tabagisme passif», et développent donc les «mêmes maladies que nous», a expliqué à l’AFP Louise van der Weyden, chercheuse en oncogénétique à l’institut de recherche britannique Wellcome Sanger et co-autrice du rapport.
Ces similitudes clés entre certains oncogènes – des gènes dont les mutations provoquent les tumeurs – dans les cancers félins et leurs homologues chez l’homme n’avaient jamais été analysées jusque-là, a-t-elle précisé. Partant de ce principe, l’équipe de chercheurs internationaux a analysé les échantillons de tumeurs cancéreuses de près de 500 de chats domestiques issus de cinq pays et couvrant 13 types de cancers différents (cerveau, sein, poumon, peau, etc.).
Au cours de leurs recherches, les scientifiques ont remarqué une ressemblance frappante entre les modifications génétiques des tumeurs mammaires malignes chez les chattes et certains sous-types de cancer du sein très agressif chez la femme. Cette découverte est une nouvelle «formidable», a annoncé Louise van der Weyden. De fait, la mutation du gène étant très fréquente chez les chats – beaucoup plus que chez l’être humain –, des traitements ciblés pourront être mis en place dans les cliniques vétérinaires.
Deux traitements très efficaces
«Ceci confirme que le chat domestique n’est pas seulement un animal de compagnie adoré, mais un partenaire essentiel dans la lutte contre le cancer», a déclaré la docteure Latasha Ludwig, du Collège de médecine vétérinaire. Encouragés par ce parallèle, des scientifiques suisses ont mené des expériences complémentaires sur ces échantillons. Résultat : deux traitements de chimiothérapies semblaient très efficaces contre cette maladie.
S’ils restent à confirmer par d’autres travaux, cette étude pourrait rapidement bénéficier à tout le monde, car les médicaments testés sont déjà autorisés chez l’humain et l’animal, pointe l’étude. «Je serais personnellement plus encline à prendre un médicament qui fonctionne sur des chats, plutôt que sur des souris», appuie la scientifique Louise van der Weyden.
Enfin, les recherches ont également révélé des similitudes avec des mutations humaines observées dans les cancers du sang, des os, des poumons, de la peau, du tube digestif et du système nerveux central. Tout cela s’avère très prometteur : «Il s’agit d’une des avancées les plus importantes jamais réalisées en oncologie féline, ce qui signifie que la génétique des tumeurs chez le chat domestique n’est plus une énigme», s’est réjouit Louise van der Weyden.




