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«Bloquons tout»

«Les gens n’y comprennent rien, tout est mélangé» : le 10 septembre vu depuis un centre commercial près d’Angers

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Dans la zone d’activité de Brissac Loire Aubance (Maine-et-Loire), on ne se reconnaît pas forcément dans la mobilisation «Bloquons tout» de la semaine prochaine, quand on n’en découvre pas l’existence. Mais la colère politique et sociale est bien là.

Willy, 58 ans, soudeur en intérim, électeur du Rassemblement national depuis 2022, à Brissac Loire Aubance (Maine-et-Loire), le 2 septembre 2025. (Theophile Trossat/Libération)
ParMaxime Pionneau
correspondant à Angers (Maine-et-Loire)
Publié le 04/09/2025 à 18h22

Série de reportages avant la journée «Bloquons tout»

A l'approche de la journée de mobilisation «Bloquons tout» le 10 septembre 2025, «Libération» est allé à la rencontre des Français pour prendre le pouls de la colère sociale. Deuxième épisode de notre série ce vendredi 5 septembre.

Lendemain de rentrée et veille de révolution ? «On va tout casser, il faut que ça bouge», lance un homme qui grimpe dans sa voiture et met les gaz en quittant la station essence. Mardi 2 septembre, le ciel est pareil au bitume qui recouvre le parking du parc d’activités des Fontenelles : gris et détrempé. Brissac Loire Aubance est une commune de 11 000 habitants située à une vingtaine de kilomètres au sud d’Angers (Maine-et-Loire). L’endroit est connu pour son vin rouge aux notes fruitées et son château du XIe siècle. Voilà pour la carte postale. Pour le reste, c’est plutôt l’abattement qui prédomine dans l’autre monument de la commune : sa zone d’activité.

Quelques retraités bravent la pluie pour faire leurs courses à l’hypermarché E.Leclerc en se glissant sous une arche en carton à l’optimisme risible : «Oui aux super pouvoirs d’achat.» Dehors, le totem de la station essence indique un gazole à 1,54 euro le litre. Il était à 1,48 euro en novembre 2018, au début du mouvement des gilets jaunes.

«La pilule est bien passée», ironise un charpentier à la pompe. Un de ses collègues y va de son lieu commun, dont on ne sait trop s’il relève d’une légitime colère contre l’injustice fiscale ou d’une pénible inflexion libertarienne : «On est le seul pays au monde à avoir autant de taxes !» Le premier nuance : «O

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