Tout allait bien dans son lycée de l’académie de Grenoble, jusqu’au jour où sa transition de genre est devenue visible, en juin 2022. Pour Alexandre Seydi, secrétaire de direction, la relation avec son proviseur s’est alors renversée d’un coup. «Dès que j’ai commencé à avoir un petit bouc et des poils aux jambes, son attitude a changé du tout au tout.» Selon son récit, son chef d’établissement ne lui adresse presque plus la parole, lui suggère même de partir. Alexandre refuse : il ne veut pas quitter un lieu dans lequel il se sent en confiance au moment où il traverse un bouleversement personnel.
Le 3 janvier 2023, il annonce par mail son changement de prénom. Quatre messages de soutien seulement, sur une soixantaine de collègues. «Ça jase à l’étage administratif», entend-il. Alexandre se sent de plus en plus marginalisé. Certains disent ne plus savoir comment l’appeler, d’autres le fuient. «Une collègue m’a dit que le proviseur était en colère depuis ma transition et qu’il l’avait engueulée parce qu’elle m’avait félicité. Elle ne voulait donc plus être vue avec moi.» Alexandre dit n’avoir reçu aucun soutien du rectorat malgré ses alertes : «Je n’ai pas du tout été protégé. J’espérais être un cas isolé, mais en fait, non.»




