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LGBTphobies dans l’éducation nationale : «Le pire, c’est quand ça vient des collègues»

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Le suicide de Caroline Grandjean, directrice d’une école dans le Cantal et cible d’attaques lesbophobes, a réveillé un malaise profond. «Libé» a rencontré des personnels LGBT+ qui dénoncent un climat de mépris et l’absence de protection de leur hiérarchie.

Alexandre Seydi, Julia Torlet et Timothée Magellan témoignent des LGBTphobies dont ils ont été victimes au sein de l'éducation nationale. (Mathilde Mazars /Libération)
Publié le 16/09/2025 à 6h00

Tout allait bien dans son lycée de l’académie de Grenoble, jusqu’au jour où sa transition de genre est devenue visible, en juin 2022. Pour Alexandre Seydi, secrétaire de direction, la relation avec son proviseur s’est alors renversée d’un coup. «Dès que j’ai commencé à avoir un petit bouc et des poils aux jambes, son attitude a changé du tout au tout.» Selon son récit, son chef d’établissement ne lui adresse presque plus la parole, lui suggère même de partir. Alexandre refuse : il ne veut pas quitter un lieu dans lequel il se sent en confiance au moment où il traverse un bouleversement personnel.

Le 3 janvier 2023, il annonce par mail son changement de prénom. Quatre messages de soutien seulement, sur une soixantaine de collègues. «Ça jase à l’étage administratif», entend-il. Alexandre se sent de plus en plus marginalisé. Certains disent ne plus savoir comment l’appeler, d’autres le fuient. «Une collègue m’a dit que le proviseur était en colère depuis ma transition et qu’il l’avait engueulée parce qu’elle m’avait félicité. Elle ne voulait donc plus être vue avec moi.» Alexandre dit n’avoir reçu aucun soutien du rectorat malgré ses alertes : «Je n’ai pas du tout été protégé. J’espérais être un cas isolé, mais en fait, non.»

Ce sentiment de solitude lui est revenu comme un boomerang à la rentrée 2025, après

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