Critiqué de toutes parts, le gouvernement a promis ce mercredi 19 novembre de faire «un point d’étape» dans «quelques mois» sur l’augmentation de la taxe foncière, une mesure technique annoncée mardi soir et qui devrait concerner plusieurs millions de logements en 2026.
«On se réserve le droit d’interroger la pertinence de cette mesure dans quelques mois, lors d’un point d’étape», a déclaré la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, à l’issue du compte rendu du Conseil des ministres autour d’Emmanuel Macron à l’Elysée. Autant dire que le ballon d’essai pourrait se dégonfler avant la prochaine campagne de paiement de la taxe foncière dans un an.
Analyse
Payée par quelque 32 millions de propriétaires, la taxe foncière repose, en plus de la surface en mètres carrés, sur des critères dits «de confort», tels que la présence d’eau courante, d’électricité, de WC ou de lavabos dans le logement. La présence de chacun de ces éléments augmente artificiellement le nombre de mètres carrés pris en compte et, mécaniquement, le montant de la taxe. Et Bercy entend désormais intégrer automatiquement ces équipements dans ses calculs pour 7,4 millions de foyers, qui n’ont pas été évalués depuis cinquante ans.
Aussitôt annoncée, cette hausse d’impôt imprévue et qui doit être signifiée aux personnes concernées par courrier de la Direction générale des Finances publiques, a suscité un tollé sur tout l’échiquier politique.
«Un échec», selon Attal
«Nous nous opposons totalement à cette nouvelle trouvaille qui vise encore une fois à prendre de l’argent dans la poche des Français et des Françaises et à refuser de faire contribuer les plus riches de ce pays», a déclaré la cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, en visite au Congrès des maires.
Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a quant à lui déploré que les propriétaires soient «devenus les vaches à lait» du gouvernement qui a, selon lui, «essayé en catimini d’imposer cette mesure dans le dos de la représentation nationale». Dénonçant un «coup dans le dos porté aux propriétaires français», le responsable d’extrême droite, qui s’exprimait en marge du salon Milipol, a appelé «solennellement le Premier ministre à renoncer à cette mesure».
L’ancien Premier ministre macroniste Gabriel Attal, qui entretient des relations orageuses avec Emmanuel Macron, a assuré que s’il était «en fonctions», il n’aurait «pas permis à (son) administration de prendre cette décision». Plaidant pour «une France de propriétaires», le patron du parti Renaissance a estimé que s’«il y a beaucoup de choses qui ont été réussies ces dernières années d’un point de vue économique» ; l’immobilier et le logement, «objectivement, c’est un échec».




