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Reportage

«Dans les centres d’hébergement mixte, j’avais peur» : à Paris, le Foyer Notre-Dame se dédie aux femmes sans domicile

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Souvent invisibles dans l’espace public, les femmes sans domicile sont aussi parmi les plus exposées aux violences. Dans un centre d’hébergement du XVe arrondissement de Paris, 49 d’entre elles trouvent un refuge pensé pour leur sécurité et leur reconstruction.

Dans le réfectoire du Foyer Notre-Dame, le 8 janvier 2026. (Florence Brochoire/Libération)
Par
Zoé Fraslin
Publié le 10/01/2026 à 16h47

La pluie bat les vitres du réfectoire du Foyer Notre-Dame en ce début de soirée parisienne, jeudi 8 janvier. Une à une, les femmes franchissent la porte, leurs talons résonnant sur le carrelage gris moucheté. Au comptoir, les plateaux-repas s’alignent et changent de mains. Les éclats de voix se mêlent aux rires, tandis qu’elles prennent place à table. «Tu as passé une bonne journée ?» demande l’une. «Oui, je suis restée bien au chaud dans mon lit», répond sa voisine, sourire en coin.

Dans ce centre d’hébergement du XVe arrondissement de Paris, géré par l’association la Mie de pain, 49 femmes sans domicile fixe vivent au rythme du foyer, en moyenne pendant trois ans. L’objectif : les aider à trouver des solutions pérennes pour qu’elles ne retournent pas à la rue, en trouvant un logement d’abord, mais aussi en étant accompagnées vers l’emploi et des soins.

Toutes sont orientées ici par le Siao (Service intégré d’accueil et d’orientation), chargé de faciliter l’accès à un hébergement pour les personnes sans domicile fixe. Les chambres, réparties sur deux étages, sont simples : un lit, une armoire, un lavabo, mais chaque occupante peut les aménager à sa manière. Dans la salle de vie, la télévision diffuse parfois un film ou des clips musicaux, mais ce sont surtout les murs qui captent l’attention. Des portraits de femmes célèbres – Angela Davis, Gisèle Halimi, M

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