Banderoles, chasubles et petits gâteaux : une centaine de personnes débrayaient ce mardi matin à Montreuil, devant les locaux du 115. Jusqu’au 18 décembre, des salariés d’Interlogement93 – réseau fédératif regroupant 43 associations de Seine-Saint-Denis pour la mise à l’abri, l’hébergement et l’accès au logement – font grève pour dénoncer des conditions de travail de plus en plus difficiles. Parmi eux, les «écoutants», qui reçoivent jusqu’à 800 appels par jour de personnes en situation de grande précarité à la recherche d’un logement d’urgence pour la nuit, sont arrivés à saturation : «Au bout du fil, on a des situations désespérées auxquelles on ne peut pas répondre, car on n’a que zéro à dix places à proposer quotidiennement» explique Milan (1), salariée d’Interlogement93.
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Par exemple, le 15 décembre, sur les 547 appels reçus au 115, dont beaucoup de femmes et de familles avec jeunes enfants, seules 4 personnes ont été mises à l’abri. «On observe d’ailleurs une augmentation constante de femmes monoparentales chez les demandeuses, poursuit Milan. Parfois, on peut proposer des places en haltes de nuit, des lieux très provisoires où il y a des transats pour se reposer, avec la possibilité d’avoir une collation et un café chaud et un seul box pour les familles, mais c’est tout.»
Un système grippé
Les salariés du 115 ont le sentiment d’être en première ligne face à un système grippé de l’intérieur. Cette impuissance se double d’un mécontentement concernant leurs conditions de




