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Interview

«En Europe, le système d’hébergement d’urgence arrive à un point de rupture»

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Dans un rapport paru ce mardi 5 septembre, la Fondation Abbé-Pierre fait état d’un manque de volonté politique pour lutter contre le mal-logement sur le Vieux Continent, dans un contexte d’inflation aggravant la situation. Sarah Coupechoux, chargée d’étude, revient sur ces données.

A Poligono Sur, dans la banlieue de Séville, en juin 2020. (Cristina Quicler/AFP)
Publié le 05/09/2023 à 19h56

La crise du logement en France n’a rien d’un cas à part. En Europe, les loyers qui explosent et les habitats indignes concernant de nombreux pays, comme le rapportent la Fondation Abbé-Pierre et la Fédération européenne des organisations nationales travaillant avec les sans-abri (Feantsa). Dans leur huitième édition du rapport «Regard sur le mal-logement en Europe», publiée ce mardi 5 septembre et portant sur les vingt-sept pays de l’Union européenne, les deux fondations déplorent «l’incapacité des pays européens à faire du logement un droit fondamental». Un constat d’autant plus désolant que les inégalités sont renforcés par l’inflation, depuis le début de la guerre en Ukraine. A tel point qu’entre payer le loyer, les courses et la facture d’électricité, de nombreuses familles doivent choisir. Sarah Coupechoux, chargée d’étude Europe à la Fondation Abbé-Pierre, revient sur les difficultés économiques rencontrées par les ménages et regrette un manque de politiques à long terme pour lutter efficacement contre le mal-logement.

La hausse du coût de l’immobilier n’est pas qu’un problème français ?

Non. En 2022, Eurostat a enregistré une hausse historique des prix du logement en zone euro et dans l’Union européenne. Les premiers à subir cette pénurie de logements abordables sont les personnes pauvres et les classes moyennes, qui prennent en même temps de plein fouet l’augmentation du coût de l’énergie

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