L’appartement est bizarrement fichu, organisé autour d’un long couloir en forme de L – comme lesbienne, drôle de hasard. Trois chambres, deux salles de bains, une cuisine, et à la place du salon, le bureau du travailleur social, occupé quelques heures par semaine et ouvert aux colocataires le reste du temps. Sous les moulures discrètes de cet appartement haussmannien, qui ne ressemble pas franchement à l’idée que l’on se fait d’un centre d’hébergement, vivent quatre réfugiées lesbiennes ou transgenres.
Le projet est porté par le Front d’habitat lesbien, une association créée en 2021 par une bande de militantes et militants LGBT+ travaillant sur les droits des personnes exilées, qui se sont rencontrées au sein des Dégommeuses. Il y a quelques années, l’équipe de foot lesbienne et militante a ouvert sur ses terrains des créneaux réservés aux personnes LGBT+ migrantes, manière de former une solidarité communautaire face aux oppressions spécifiques auxquelles ces dernières font face à leur arrivée sur le territoire.
Interview
«Il y a beaucoup de personnes qui sont arrivées en France sans avoir connaissance de leurs droits, qui ne savent même pas qu’elles pe




