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Reportage

«J’ai dépensé plus de 200 000 euros dans cet hôtel» : à la Goutte-d’Or, la mobilisation victorieuse contre l’expulsion d’un locataire longue durée

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Dans le XVIIIe arrondissement parisien, l’action des riverains a permis de protéger des locataires historiques d’un hôtel emblématique du quartier, et de réintégrer un occupant expulsé de façon extrajudiciaire.

Mebarek Hammar à l'hôtel de la Paix, rue Léon dans le XVIIIe, à Paris le 6 novembre 2025. (Cyril Zannettacci/Vu pour Libération)
Publié le 09/11/2025 à 9h09, mis à jour le 09/11/2025 à 10h09

Pour une fois, c’est une belle histoire. Du genre qu’on aime se rappeler quand les batteries militantes sont à plat. Cette histoire, c’est celle de la mobilisation d’un quartier du nord de Paris, la Goutte-d’Or, au cœur de Barbès. Un coin qui, selon la chercheuse Hajer Ben Boubaker, autrice d’une somme sur le sujet (1), a été à partir des années 1950 la «maison-mère des luttes de l’immigration», entre caches d’armes pour le FLN algérien et cafés communautaires où se tramaient des réunions politiques.

Rue Léon, au 14, se trouve l’épicentre : le restaurant les Trois Frères, tenu pendant trente ans par les frères Arab, réputé pour son couscous gratuit du jeudi soir qui a nourri pendant des décennies le tout-Paris estudiantin et fauché. Au-dessus du restaurant s’élève un hôtel à la façade blanche, aux ga

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