Impossible pour Traoré Lassina Tagara, 60 ans, d’oublier la nuit du 17 au 18 novembre 2015. Cela faisait alors quatorze ans qu’il vivait au 48, rue de la République à Saint-Denis, dans un T2 prêté par l’un de ses proches. Dans la journée du 17, cet intérimaire dans le bâtiment remarque la présence de deux inconnus dans l’immeuble, qu’il ne soupçonne pas être les auteurs des attaques meurtrières qui ont frappé le pays quatre jours plus tôt. Dans la nuit, il est forcé de quitter son domicile sans savoir encore qu’il ne pourra jamais y retourner.
Comment a débuté l’assaut ?
Comme chaque nuit, j’avais laissé la clé sur la porte qui était blindée, parce qu’il y avait beaucoup de cambriolages dans l’immeuble. A 4 heures du matin, une forte explosion m’a réveillé. J’ai directement pensé à une bonbonne de gaz. Comme tous les escaliers sont en bois, je savais qu’il fallait que je descende vite au cas où un incendie se déclenche. La seule chose que j’ai emportée, c’est la clé que j’ai accrochée à mon cou. Je l’ai toujours.
Reportage
Dès que j’ai ouvert la porte, j’ai été ébloui par des projecteurs et la fumée de l’explosion. J’ai dû me frayer




