Camille Guillaud, 35 ans, tient avec son compagnon un adorable restaurant italien dans le quartier de Belleville, à Paris, depuis six ans. Leur quotidien est rude, typique de la profession de restaurateurs : petits salaires, horaires à rallonge (9 heures – 1 heure du matin) avec coupures en milieu de journée, qui les obligent à se loger près de leur établissement.
«On aimerait que notre fille Michelle, qui a deux ans et demi, puisse avoir une petite sœur ou un petit frère et qui ne soit pas trop éloigné d’elle en âge, explique-t-elle. Mais notre logement actuel ne nous le permet pas : c’est un grand studio de 45 m² avec mezzanine, dans laquelle notre fille dort.» Soit 35 m² au sol pour un loyer de 1 377 euros par mois, où ils vivent depuis huit ans. «C’est déjà inconfortable à trois, si on veut un deuxième enfant, pas le choix, il faudra déménager.»
Alors, depuis trois ans, ils cherchent. Le parc locatif privé leur paraît inaccessible : «Pour un logement correct à 2 500 euros par mois à Paris, il faudrait gagner 7 500 euros ! Or, nos revenus oscillent entre 1 500 et 4 000 net à deux.» Et l’accès au logement social ? Une loterie. Malgré leur dossier régulièrement mis à jour, ils ont reçu treize refus sur Loc’Annonces, un site qui permet aux demandeurs de logements sociaux de postuler sur le bien parisien de leur choix.
Camille s’agace : «Cette situation nous rend profondément tristes. Travailler comme commerçant, c’est avoir des revenus aléatoires




