Un sapin posé au carrefour de quatre rues ultrachics, une fanfare de cuivres et de percussions, un barnum dressé pour l’occasion. Des enfants dessinent à la craie une maison, un cœur, tandis que des bénévoles distribuent des parts de gâteau, du thé et du café chaud. A deux pas de l’avenue Montaigne, dans le «triangle d’or» parisien, le décor est celui d’un Noël ordinaire avec ces vitrines qui brillent et ces nuits d’hôtel de 380 à plus de 2 000 euros. Mais ici précisément, les façades haussmanniennes sont closes, les volets fermés.
«Regardez, dit Jean-Baptiste Eyraud, cofondateur et porte-parole de l’association Droit au logement (DAL), en pointant du doigt les immeubles face à lui. On est devant 120 logements vides de la foncière du Triangle d’or, une société dirigée par un citoyen britannique qui les a achetés au début des années 2000 et qui les vide au fur et à mesure.» La raison ? «C’est ce qu’on appelle des actifs financiers, décrypte-t-il. Ça se vend 20 à 40 % plus cher quand c’est vide alors il ne reste plus que quelques chambres de bonnes encore occupées, mais le reste est vacant à 95 % !»
«Ni une expropriation, ni une spoliation»
En ce 25 décembre, ils sont une soixantaine de militants, mal logés ou sans abri,




