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Libération
Reportage

«Pourquoi laisser des familles à la rue quand on a autant d’appartements vides ?» : pour Noël, le Droit au logement voudrait des réquisitions

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Des dizaines de militants de l’association ont manifesté ce jeudi 25 décembre à Paris dans le huppé «triangle d’or» du VIIIe arrondissement, en face d’immeubles vides.

Selon l’Insee, la France comptait 3,1 millions de logements vacants en 2023, un chiffre en hausse de 60 % depuis 1990. (Valerie Dubois/Hans Lucas. AFP)
Publié le 25/12/2025 à 19h31

Un sapin posé au carrefour de quatre rues ultrachics, une fanfare de cuivres et de percussions, un barnum dressé pour l’occasion. Des enfants dessinent à la craie une maison, un cœur, tandis que des bénévoles distribuent des parts de gâteau, du thé et du café chaud. A deux pas de l’avenue Montaigne, dans le «triangle d’or» parisien, le décor est celui d’un Noël ordinaire avec ces vitrines qui brillent et ces nuits d’hôtel de 380 à plus de 2 000 euros. Mais ici précisément, les façades haussmanniennes sont closes, les volets fermés.

«Regardez, dit Jean-Baptiste Eyraud, cofondateur et porte-parole de l’association Droit au logement (DAL), en pointant du doigt les immeubles face à lui. On est devant 120 logements vides de la foncière du Triangle d’or, une société dirigée par un citoyen britannique qui les a achetés au début des années 2000 et qui les vide au fur et à mesure.» La raison ? «C’est ce qu’on appelle des actifs financiers, décrypte-t-il. Ça se vend 20 à 40 % plus cher quand c’est vide alors il ne reste plus que quelques chambres de bonnes encore occupées, mais le reste est vacant à 95 % !»

«Ni une expropriation, ni une spoliation»

En ce 25 décembre, ils sont une soixantaine de militants, mal logés ou sans abri,

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