Seul le ciel était gris, samedi à Paris. La timide pluie n’a pas douché les cœurs et les couleurs de la Marche des fiertés, qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes. Un cortège si long qu’il s’étendait sans forcer sur la moitié des 5 kilomètres du parcours, entre l’est de la capitale et la place de la République, après un crochet par celle de la Bastille. Dans ce cocktail jeune multicolore, on croise des inquiétudes et des revendications des communautés LGBTQI+, mais aussi un grand besoin de se retrouver et de s’amuser.
Peu après 14 heures, la foule se met doucement en branle. Yann et sa fille la regardent défiler. Il la prend en photo, un drapeau arc-en-ciel dans le dos. Maya est en classe de troisième et participe à sa première Pride : «Elle a découvert la diversité cette année», confie le paternel. Elle traduit, tout sourire et bagues aux dents : «Je suis dans une école où il n’y a que des filles. J’ai découvert des histoires d’amour entre filles, une amie est devenue non-binaire. Alors je suis venue soutenir les copines.» Yann l’accompagne et n’en est pas, lui, à sa première Pride. Aujourd’hui, une inquiétude sourde l’anime, quand il voit le résultat des élections législatives et l’accession en masse de députés d’extrême droite à l’Assemblée nationale : «Le mot peut sembler




