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Enquête

Michel Didym accusé de harcèlement et de violences sexuelles : «On sait qu’il a des problèmes avec les jeunes femmes»

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«Libération» a investigué plusieurs mois sur le comportement du metteur en scène et ex-directeur du théâtre de la Manufacture. Une vingtaine d’actuelles ou anciennes comédiennes pointent des gestes déplacés, des remarques sexistes, allant jusqu’à des accusations de viol. Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Nancy.

Michel Didym devant l'entrée du théâtre de La Manufacture, le 30 mai 2012. (Arno Paul)
Publié le 01/10/2021 à 6h30

Impossible de se taire plus longtemps. Le 23 novembre 2020, Alice (1) prend son courage à deux mains. Seule face à son ordinateur, elle écrit une longue lettre au procureur de la République de Nancy. Dans ce courrier de cinq pages, elle accuse Michel Didym, comédien, metteur en scène renommé et ancien directeur du théâtre de la Manufacture à Nancy, de l’avoir violée huit ans plus tôt. Chaque détail de cette soirée de 2012 est retranscrit sur le papier : un rendez-vous sous un prétexte professionnel, une soirée dans l’appartement nancéien de l’homme de théâtre, les verres de vin rouge qui s’accumulent au fil de la soirée et la chambre où il l’aurait emmenée pour lui «faire un massage» avant de la violer. «Je sens ses doigts qui se rapprochent de mon sexe. Et finalement ses doigts dans mon sexe. Et là, il y a comme un réveil. Il faut que ça s’arrête», écrit Alice dans sa lettre au procureur, à laquelle elle joint sa plainte que Libération a pu consulter.

Précis et crus, ses mots ont mis huit ans à éclore. Après tant d’années de silence, la jeune femme a pris le chemin d’un cabinet de psychothérapie qui la prend en charge pour «stress post-traumatique». Alice finit par porter plainte. «Si je me tais, ça met en danger d’autres personnes», raconte aujourd’hui la trentenaire, que cette nuit de 2012 a poussée à arrêter le théâtre. Une enquête prélimina

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