Chaque nuit à Calais, les migrants observent la mer avec un mélange d’appréhension et d’impatience. Si la Manche est assez calme, ils savent qu’une partie d’entre eux tentera la traversée jusqu’à l’Angleterre. La route est dangereuse en raison de la distance entre les deux côtes (33 kilomètres) et des forts courants, mais ils affirment qu’ils n’ont pas d’autre choix : les dispositifs de sécurité se sont considérablement renforcés autour des poids lourds ces dernières années (rayons X, chiens renifleurs, clôtures et barbelés).
Si bien qu’envisager une traversée par la route est quasiment impossible. La mer est donc devenue la seule voie de fuite. Mais si elle est trop agitée, les migrants savent aussi qu’ils devront patienter encore un peu plus dans l’environnement hostile du Calaisis. «Il y a environ 2 000 personnes en ce moment à Calais, dont des familles. Le nombre est assez énorme et le socle humanitaire ne tient pas, les gens ont faim. C’est la première fois qu’on nous appelle sur le téléphone d’urgence pour nous dire qu’il manque de la nourriture», assure Pierre Roques, de l’association




