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Profs en colère

Mobilisation du 2 octobre : à quoi faut-il s’attendre dans l’éducation nationale ?

Une nouvelle journée de grèves et de manifestations se tient ce jeudi à l’appel de l’intersyndicale, deux semaines après la mobilisation du 18 septembre. «Autour de 10 % de grévistes» sont attendus dans les écoles, selon la FSU-SnuiPP.

La mobilisation dans le secteur de l'éducation à Paris, le 18 septembre 2025. (Cyril Zannettacci/Vu. Libération)
Publié le 30/09/2025 à 12h04, mis à jour le 01/10/2025 à 11h44

La FSU-SnuiPP – premier syndicat du primaire – a annoncé prévoir «autour de 10 % de grévistes» chez les enseignants du premier degré (écoles maternelles et élémentaires) ce jeudi 2 octobre, dans le cadre de la nouvelle journée de mobilisation nationale à l’appel de l’intersyndicale pour maintenir la pression sur Sébastien Lecornu et les questions budgétaires.

«Il y a toujours beaucoup de colère» même si le taux de gréviste prévu «est moins élevé que le 18» septembre, a expliqué la co-secrétaire générale de la FSU-SnuiPP Aurélie Gagnier. Il y a deux semaines, dans le cadre de la précédente journée de mobilisation, quelque 17 % d’enseignants avaient suivi le mouvement le 18 septembre, pour 17,48 % dans le premier degré, selon le ministère de l’Education. La FSU-SnuiPP avait, elle, tablé sur 30 % de grévistes le 18. Dans toute la France, entre 500 000 et plus d’un million de personnes avaient manifesté dans les rues partout en France, selon les chiffres de la police ou la CGT.

Dans les collèges et lycées, la tendance est également à une mobilisation un peu moins élevée que le 18 septembre. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du secondaire, parle d’un «socle de mobilisation toujours solide». Elle ajoute toutefois qu’il est difficile pour les enseignants de faire grève deux ou trois jours en l’espace d’un mois, juste après la rentrée, au moment où il est «important de voir les élèves, tisser le lien avec eux». De même, Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du syndicat SE-Unsa, relève que plusieurs jours de grève en un mois sont aussi des «jours de salaires en moins».

«Poursuivre la mobilisation»

Les syndicats ont été reçus le 24 septembre par le Premier ministre, qui a notamment refusé de suspendre la réforme des retraites mais s’est dit «ouvert» sur la question de la justice fiscale. Toujours sans gouvernement, le locataire de Matignon cherche un compromis pour faire adopter son budget. Il a assuré à ses alliés lundi qu’il ferait des «propositions» de baisse d’impôts «notamment en faveur du travail». Dans une interview au Parisien, le Premier ministre a par ailleurs écarté tout retour de l’impôt sur la fortune et avoué ne pas croire que la taxe Zucman soit «la bonne réponse» pour redresser les finances publiques. Un revers pour l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires).

«Le flou politique freine la mobilisation», mais «les personnels que nous rencontrons soutiennent la nécessité de plus de justice fiscale et sociale et reconnaissent l’urgence d’un budget qui réponde aux besoins de l’école», a ajouté Aurélie Gagnier.

Dans un communiqué publié sur son site internet, la FSU-SnuiPP indique : «Après un 10 septembre combatif, un 18 septembre massif, il s’agit de poursuivre et d’amplifier la mobilisation le jeudi 2 octobre». Elle demande ainsi «la redistribution des richesses», «le renforcement des droits sociaux», «des moyens pour la fonction publique et les services publics, et notamment un autre budget pour l’école» et «un rattrapage et une revalorisation des salaires et des pensions».

Mise à jour : à 14 h 30, ajout des déclarations de Sophie Vénétitay et Elisabeth Allain-Moreno.

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