Une décision mitigée. Le tribunal judiciaire de Paris a prononcé, ce vendredi 19 décembre, le maintien de l’inaccessibilité de la chaîne Kick de Jean Pormanove, «sous astreinte provisoire de 10 000 euros par infraction constatée, pendant une durée maximum de 12 mois». La plateforme australienne doit en outre retirer tout contenu rediffusant des images d’actes de violences ou d’humiliations à l’encontre du défunt streamer. En septembre, l’Etat avait demandé le blocage pur et simple de Kick dans nos frontières après la mort en direct du streameur Jean Pormanove, mi-août. L’ancienne ministre du Numérique Clara Chappaz avait assigné la plateforme sur le fondement de l’article 6-3 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique.
A l’issue d’une audience de procédure accélérée, la procureure avait requis, fin novembre, la fermeture des chaînes identifiées par l’accusation comme étant liées à celle de l’ancien streameur et rediffusant du contenu de sa chaîne principale, «jeanpormanove», désormais fermée. Les magistrats ont tranché en ce sens et n’ont pas suivi la demande du gouvernement de bloquer totalement l’accès au site en France pour six mois, redoutant une mesure disproportionnée.
Tribune
De son vrai nom Raphaël Graven, le streameur Jean Pormanove, est mort le 18 août à 46 ans, lors d’une diffusion sur Kick, après plus de douze jours de direct le montrant, ainsi qu’un autre homme, violenté et humilié par Owen Cenazandotti, 26 ans, et Safine Hamadi, 23 ans. L’autopsie a conclu que le décès n’était pas dû à l’intervention d’un tiers, mais ce cas, une première en France, a suscité de vives interrogations, notamment concernant la capacité de l’Etat à encadrer ces contenus lorsqu’ils sont peu modérés et à imposer un contrôle plus important.
Kick, concurrente de Twitch, est d’ailleurs connue pour son laxisme sous l’argument de la liberté d’expression, laissant en ligne des vidéos brutales ou violentes. Suivie par près de 200 000 personnes, la chaîne «jeanpormanove» montrait depuis des mois Raphaël Graven se faire insulter, frapper, tirer les cheveux, menacer ou encore tirer dessus sans protection avec des projectiles de paintball. Elle a été supprimée peu de temps après le décès de Jean Pormanove.
Après le rendu du jugement de ce vendredi, la plateforme Kick a salué dans un communiqué une décision qui indique que la plateforme «n’est pas, de manière systémique, porteuse de contenus dommageables et vient reconnaître les mesures déjà déployées» par l’entreprise.




