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En région parisienne

«On m’a mis dans une case, celle de la musulmane, donc la copine du Hamas»

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Dans un snack de Drancy et à Gare du Nord, nous avons rencontré des Français sommés de se justifier sur la guerre au Proche-Orient et qui ont souvent le sentiment d’être stigmatisés parce qu’arabes.

Gare du Nord, à Paris, le 18 octobre 2022. (Stéphane Lagoutte/MYOP pour Libération)
Publié le 21/10/2023 à 13h47

Il file rencard dans un fast-food de Drancy. Un soir de semaine tranquille en Seine-Saint-Denis. Les menus sont affichés sur les murs. Des petits, des grands et des très grands sandwichs. Du foot à la télé, accrochée elle aussi à un mur. Djamal (1), 39 ans, enseigne les mathématiques dans un lycée professionnel du département. Il guette son téléphone. Ses copains ont du retard. On commence sans eux. Il ne tourne pas autour du pot. «Je n’ai pas entendu une seule personne dans mon entourage, familial et amical, ou dans une salle de classe dire un truc bizarre. Pas une seule fois, insiste-t-il. Qui peut se satisfaire de la mort des autres ? Des enfants qui meurent et des familles entières éliminées. Qui peut être content de ça ?»

Il a eu «mal au bide», le samedi 7 octobre, lorsque plus d’un millier d’Israéliens ont été assassinés. Un mélange de sentiments dans la foulée. Tristesse, interrogation et colère. «Il fallait condamner plus fort et plus haut que les autres. Nous, Arabes et musulmans, parce qu’on nous range tous dans le même sac, nous devons en faire des caisses pour évacuer le doute. Aujourd’hui, lorsqu’une personne tente de mettre un peu de contexte en rappelant la situation en Palestine et la colonisation, on nous met du côté des antisémites

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