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Reportage

«Papa a remplacé les murs par des feuilles de tôle» : à Mayotte, un an après Chido, une reconstruction à la peine

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Toitures de fortune, bâches pour se protéger de la pluie… Un an après le cyclone qui a fait 40 morts et 41 disparus, la reconstruction du bâti peine à couvrir les besoins de l’archipel. Les élus mahorais estiment que l’Etat n’est pas à la hauteur des besoins.

Le quartier Talus à Majicavo, le 6 décembre. (David Lemor/Libération)
Publié le 10/12/2025 à 6h00

Adidja, mère de 28 enfants, a tout connu au cours de ses 86 ans. Mais l’habitante de Chiconi, ville côtière de 13 000 habitants à l’ouest de Mayotte, n’avait jamais vécu un cyclone comme Chido. «J’avais peur, j’étais impuissante», raconte, en shimaoré, la vieille femme sous son turban bleu. Ce matin du 14 décembre 2024, le toit en tôle et la charpente de sa maison en briques de terre compressée se sont envolés. Un an après le cyclone qui a fait 40 morts et 41 disparus selon le bilan officiel, Adidja a retrouvé un semblant de sourire. Grâce au soutien d’Harappa, agence d’études urbaines qui favorise «une approche ethno-architecturale de l’habitat», la Mahoraise a de nouveau un toit, et même un étage supplémentaire. «Cette fois, le toit en tôle est conçu pour résister aux cyclones», promet Amandine Cévènes, la jeune architecte chargée de la reconstruction. Harappa a été financée par la commune de Chiconi. Pour l’achat des 19 000 euros de matériaux, Adidja n’a rien payé.

Le symbole d’une reconstruction réussie

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