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Enquête

Paraplégie, incontinence, déclin cognitif : les médecins sonnent l’alerte face aux ravages du protoxyde d’azote

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Malgré l’explosion du nombre de jeunes qui consultent pour des complications liées au «gaz hilarant», ses effets néfastes restent largement minimisés par les consommateurs.

En 2023, l’agence régionale de santé des Hauts-de-France comptait au moins 120 cas sévères de patients dits «proto». (Karim Daher/Hans Lucas)
Publié le 31/01/2025 à 6h50

Après avoir longtemps jonché les trottoirs, les longues capsules brillantes en aluminium ont cédé la place à leur équivalent XXL. Car désormais, le protoxyde d’azote (N2O, aussi appelé «gaz hilarant») se consomme en grand format : sur les sites spécialisés, sur Amazon ou sur Snapchat, les jeunes consommateurs préfèrent opter pour des bonbonnes – l’équivalent de 100 capsules – ou des «tanks», ces giga-bonbonnes de deux kilos de N2O, qui équivalent à 600 capsules environ. Inhalé par le biais de ballons de baudruche, le «proto» – utilisé dans un contexte médical pour ses propriétés anesthésiques et antalgiques – est prisé, dans son usage détourné, pour ses effets euphorisants, qui ne durent guère plus qu’une poignée de minutes.

Face à ce qui est devenu un enjeu de santé publique, le gouvernement a posé une première pierre en mai 2021 avec une loi qui interdit sa vente aux mineurs ainsi que sa commercialisation dans les tabacs et débits de boissons. Mais le proto n’étant pas considéré comme un stupéfiant, il reste accessible en vente libre sur Internet. Alors que le vide juridique persiste, tous les regards sont désormais tournés vers

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