Réformé en 2021, le congé paternité s’impose désormais comme une norme : plus de quatre enfants sur cinq nés dans un couple hétérosexuel entre juillet 2021 et décembre 2023 ont vu leur père prendre la totalité ou une partie des vingt-cinq jours à leur disposition, au-delà de la semaine obligatoire. Dans une étude publiée ce mercredi 28 janvier, l’Institut national d’études démographiques (Ined) confirme une augmentation du nombre de bénéficiaires. Anne Solaz, directrice de recherche à l’Ined ayant participé à ce travail et spécialiste de l’économie de la famille, du travail et de la démographie, note des inégalités marquées dans la prise de ce congé selon le statut de l’emploi du père.
Quelles évolutions remarque-t-on depuis la réforme allongeant à vingt-cinq jours le congé paternité ?
D’abord, ce qu’on observe, c’est une démocratisation du congé : entre juillet 2021 et décembre 2023, 81 % des pères l’ont pris, contre environ 75 % avant la réforme. Quand on regarde de plus près, les différences selon le niveau d’études restent relativement limitées. Les pères les moins diplômés y ont un peu moins recours – autour de 70 % pour ceux qui n’ont pas le bac, contre 82 % pour ceux qui ont un niveau supérieur –, mais l’écart reste modéré.
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En revanche, les inégalités sont beaucoup plus marquées du point de vue professionnel. Là, les tendances n’ont pas vraiment évolué depuis la réforme : les pères en CDI, dans le public comme dans le privé, sont toujours ceux qui prennent le plus




