La neige n’a déjà plus rien de sa dentelle lisse. Ici, elle est devenue plaques de verglas et boue grise. Sur la place de la République, ce mercredi 7 janvier à Paris, il reste des lycéens en tee-shirt, la peau rougie par le froid, pour se jeter des boules de neige ou se balayer au sol. Face à eux, les façades des fast-foods laissent au dehors des hommes à vélo portant de gros sacs bleus, fuchsia ou orange. Le bal habituel des livreurs tantôt Uber Eats, tantôt Deliveroo est aujourd’hui gêné par la neige. Mais ils sont quand même là. Il est midi, Paris attend son repas.
Des hommes patientent notamment devant l’enseigne d’un fast-food de poulet frit, le téléphone prêt à être brandi. Au gré des sonneries qui annoncent des commandes, Abubakar Kanete, livreur pour Uber Eats et Deliveroo, raconte le calvaire des derniers jours : «Je suis livreur depuis 2020, je n’ai jamais vu ça.» La neige, la pluie, le verglas. Pour éviter de déraper, Abubakar Kanete s’est efforcé à s’habituer à une nouvelle conduite : freiner au minimum. Mais rien n’y fait, les roues de son scooter sont trop fines et n’adhèrent pas à la route. «Hier, j’ai même eu un accident, j’ai glissé sur la route.»
Les livreurs «déconseillés» de se connecter
Comme la plupart des livreurs Uber Eats ou Deliveroo, Abubakar Kanete est auto-entrepreneur. Ce matin, face à la neige, il avait le choix de venir travailler ou non. «Si c’est trop dangereux, si t’es fatigué, tu as juste à te mettre hors-ligne sur l’application», résume-t-il. Un choix pas si sim




