Les préfets et responsables de la sécurité sont prévenus. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a appelé ce dimanche à «renforcer les mesures de vigilance» à l’approche de la commémoration des attentats du 13 novembre 2015. Invité du Grand Jury sur RTL LCP, Laurent Nuñez a détaillé les raisons d’une hausse du niveau de vigilance, déjà annoncées dans le Figaro.
Pour lui, «l’alerte est maximale» mais la menace, «qui n’a jamais baissé en intensité», a «changé de nature» : «On n’est plus sur la crainte d’attaques projetées comme cela avait été le cas il y a dix ans, détaille le ministre. Cette menace est moins prégnante mais demeure bien d’actualité, rappelle-t-il : «On sait que l’Etat islamique et Al-Qaeda en rêvent toujours. Quand vous avez des grands moments de commémoration et d’unité nationale, il est normal qu’un ministre de l’Intérieur demande plus de vigilance». Et d’ajouter qu’«aucun projet précis [d’attaques] n’a été identifié».
«Tensions intérieures et internationales»
Rendant hommage aux victimes des attentats de novembre 2015, aux services de secours et de police de Paris, le ministre a martelé que les Français peuvent «compter sur l’engagement total des services de renseignements et des effectifs policiers et gendarmes».
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Cet appel à relever le niveau de vigilance a été émis dès vendredi par les services de Beauvau. En raison de «la menace terroriste» qui «demeure à un niveau élevé sur notre territoire» et «dans un contexte de tensions intérieures et internationales», le ministre de l’Intérieur a demandé dans le télégramme, envoyé en fin de semaine, une vigilance accrue, notamment autour des «salles de concert» et des «manifestations festives d’ampleur».
Ces lieux devront faire l’objet d’un «dispositif adapté et d’une attention particulière des forces de sécurité intérieure et des militaires» de l’opération Sentinelle, a ajouté le ministre, briefant les préfets du territoire.
Renforcement du 10 au 16 novembre
Laurent Nuñez a également mis l’accent sur «toute tentative d’ingérence étrangère qui pourrait chercher à tirer profit de l’organisation de ces commémorations». Ces mesures sont valables du 10 au 16 novembre.
Cette série de mesures faite par Beauvau intervient au lendemain de l’annonce par le Parquet national antiterroriste (Pnat) de la mise en examen de trois jeunes femmes suspectées d’avoir préparé un projet d’attentat jihadiste. Elles sont soupçonnées d’avoir discuté en ligne de projets d’actions violentes, évoquant des armes à feu et une ceinture explosive et mentionnant comme potentielle cibles une salle de spectacle ou un bar de Paris, sans avoir encore d’objectif précis, d’après le Parisien. Agées de 18 à 21 ans, elles ont été mises en examen «et placées en détention provisoire», ajoute le Pnat.
Sur un autre dossier, l’enquête en cours autour de la détention illicite d’une clé USB par Salah Abdeslam a été «étendue» à l’infraction d’association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’un crime contre les personnes, a fait savoir samedi le Pnat. Trois personnes sont actuellement en garde à vue.
Une «pleine vigilance» de la DGSE
Invité ce lundi 10 novembre matin sur France Inter, le patron de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Nicolas Lerner, a estimé que la probabilité d’un deuxième 13 Novembre a «considérablement diminué». Pour lui, si les commémorations autour de ce jour «justifient la pleine vigilance des services extérieurs et intérieurs», il assure que «jusqu’à présent», il n’y a pas de menace particulière sur cette semaine «chargée en émotions et en souvenirs».
Dix ans après les attentats de 2015 à Paris et Saint-Denis, celui qui dirige les espions français a expliqué que le risque d’attentat a largement diminué «au profit d’une menace terroriste beaucoup plus complexe et beaucoup plus atomisée». Nicolas Lerner s’est également inquiété d’un «rajeunissement» des profils des personnes interpellées. Le directeur général de la DGSE rapporte «[…] plus de quinze mises en examen de mineurs chaque année en France», des profils «qui restent encore aujourd’hui extrêmement sensibles à la propagande terroriste».
Mise à jour le 10 novembre à 11 h 23, avec ajout déclarations Nicolas Lerner.




