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32 prêtres arnaqués et 230 000 euros de préjudice : un couple poursuivi pour une vaste escroquerie dans le Val-d’Oise

Un Sarcellois et sa compagne seront jugés le 8 juin 2026 pour avoir berné pendant six ans une trentaine de curés parisiens à la retraite. Ils prétextaient des problèmes de santé, des risques d’expulsion ou des impayés pour leur extorquer de l’argent.

L'escroquerie aura duré 6 ans, de 2019 à 2025. (Matthieu Rondel/Hans Lucas)
Publié le 26/12/2025 à 16h45

La vaste escroquerie aura duré 6 ans, de 2019 à 2025. Des années durant lesquelles Evariste, sexagénaire de Sarcelles (Val-d’Oise), chrétien, a péché : grâce à un mécanisme bien rodé, le retraité a amassé illégalement plus de 230 000 euros. Un pactole soutiré à une trentaine de prêtres à la retraite – 32 exactement – considérés comme des «personnes vulnérables» par la justice. Pour ces faits, le sexagénaire ainsi que son épouse seront jugés le 8 juin prochain, annonce le parquet de Paris ce vendredi, confirmant des informations du Parisien.

Le couple est ainsi poursuivi «des chefs d’escroquerie au préjudice de personnes vulnérables et de recel de biens provenant d’une escroquerie aggravée», entre 2019 et 2025, détaille le parquet. «Dans l’attente de l’audience, ils sont placés sous contrôle judiciaire avec, notamment, l’interdiction de recevoir, rencontrer ou entrer en contact de quelque façon que ce soit avec les victimes.»

Des victimes qui n’y ont vu que du feu. Car comme le décrit Le Parisien, le modus operandi du couple était simple : Evariste, croyant, sollicitait à de très nombreuses reprises les hommes d’Eglise âgés, arguant toutes sortes de difficultés pour demander une aide financière : des huissiers prêts à l’expulser, des factures d’électricité impossibles à payer ou sa mauvaise santé.

Ces dizaines d’ecclésiastiques, s’ils n’étaient pas inondés de lettres du sexagénaire - jusqu’à 4 par semaine pour certains prêtres -, recevaient également de nombreux coups de fil. Les sollicitations, qui se faisaient parfois le jour même de Noël, se muaient parfois en visite en chair et en os, directement au seuil de la porte, rapporte le quotidien.

Un couple déjà connu des services de police

Et cette manigance a fonctionné. Mais après plusieurs années, le couple a finalement été mis au jour par un signalement du diocèse de Paris au parquet déposé il y a quelques mois. Les investigations débutent dans la foulée, via une enquête préliminaire ouverte pour abus de faiblesse.

Au cours de leur enquête, les policiers découvrent alors que ce couple de Sarcelles n’est pas inconnu des services de police : lui, qui fêtera ses 70 ans dans quelques jours, a déjà été mis en cause pour harcèlement et abus de faiblesse. Sa compagne, âgée d’une cinquantaine d’années, et qui avait, elle, pour mission d’encaisser le fruit de ces duperies, a également eu maille à partir avec la justice par le passé.

Une histoire rocambolesque qui n’est pas sans rappeler une escroquerie similaire : en novembre dernier, huit personnes ont été condamnées à des peines allant de huit mois avec sursis à six ans de prison ferme pour avoir arnaqué plusieurs dizaines de prêtres. Préjudice total : 450 000 euros.

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