Elles ne lâcheront rien. Sur les marches du palais de justice de Dunkerque, ce samedi 31 janvier, la mère et la sœur de Djamel Bendjaballah, éducateur spécialisé, mort écrasé sous les roues d’un membre de la Brigade française patriote, un groupuscule survivaliste proche de l’extrême droite, prennent la parole, l’une après l’autre. Leur combat : que le caractère raciste du crime soit reconnu par la justice. Pour l’instant, Jérôme Décofour, l’ex de la compagne de Djamel, a été mis en examen pour meurtre, sans que cette circonstance aggravante ne soit retenue.
«Nous sommes là pour dire notre incompréhension face à ce refus de la justice», dit au micro Nadia Bendjaballah, la sœur, devant une soixantaine de personnes. La voix ne faillit pas : «C’était il y a un an et cinq mois précisément, le 31 août 2024. La date est gravée à jamais dans nos cœurs et dans nos corps. Il a écrasé à trois reprises Djamel, devant sa fille. Il a insulté mon frère de sale bougnoule, de rat, de sarrasin. Mon frère a déposé plusieurs plaintes, en exprimant son inquiétude. Elles ont été classées sans suite.» Quatre au total. Decofour avait aussi demandé à ses propres enfants, en garde alternée, de porter à Djamel des «cadeaux» : un cochon en peluche ou un saucisson pur porc, avec sur l’étiquette, marqué au feutre, la mention «hallal».
«Il a cru en la police et la justice»
Zohra Bendjaballah, à l’élégance intacte, au verbe fort, succède à sa fille : «Je veux pointer la responsabilité de l’Etat, de la police et de la procureure.




