Un directeur d’école maternelle de Limoges a été mis en examen et écroué pour viol sur mineur et détention d’images à caractère pédopornographique, a appris Libération ce mardi 2 décembre auprès du parquet concerné, confirmant des informations du quotidien le Populaire du Centre.
L’homme mis en cause, lui-même parent, est âgé de 54 ans. Il est en poste depuis au moins une dizaine d’années, exerçant les fonctions de directeur et d’enseignant à l’école Joliot-Curie, à l’ouest de la ville. Selon la procureure de la République de Limoges, Emilie Abrantes, le suspect avait d’abord été placé en garde à vue le 25 novembre dans le cadre d’une enquête préliminaire après des soupçons de détention d’images à caractère pédocriminel. L’enquête a alors confirmé la détention des fichiers mais également «révélé des faits de nature sexuelle sur un mineur», identifié et entendu par les services de police. Selon une source proche du dossier, il serait âgé de 13 ans.
Une information judiciaire a été ouverte le 27 novembre et le directeur de l’école maternelle a été mis en examen pour des faits de «viol sur mineur», «acquisition, détention et diffusion d’images de mineurs présentant un caractère pornographique et de consultation habituelle d’un service de communication au public en ligne mettant à disposition des images de mineurs présentant un caractère pornographique». Le suspect a été placé en détention provisoire et «une mesure de suspension à titre conservatoire a par ailleurs été prise par l’inspecteur d’académie de Limoges», note le parquet.
«Faire toute la lumière sur ces faits»
De son côté, le rectorat de Limoges affirme être «particulièrement attentif à la situation». «Le parquet a informé l’académie d’une procédure pénale engagée à l’encontre d’un directeur d’école de la ville de Limoges. Dès qu’ils ont été informés, les services académiques ont pris la décision de suspendre ce directeur», confirme une porte-parole. Un «accompagnement au plus près des équipes» a également été mis en place dans l’établissement.
«De nombreux actes techniques et des auditions complémentaires vont désormais être conduits sous l’autorité du magistrat instructeur afin de faire toute la lumière sur ces faits», explique la procureure de la République. Alors que de nombreux parents ont partagé leur désarroi auprès des médias locaux, la même source précise qu’«à ce stade des investigations, les faits pour lesquels le mis en cause a été mis en examen ne se seraient pas produits dans le cadre de son activité professionnelle».
Interview
Depuis plusieurs semaines, la lumière est faite sur des affaires de pédocriminalité dans des écoles, notamment en région parisienne. La cheffe du parquet des mineurs de Paris expliquait récemment auprès de Libération que les autorités font face «à une recrudescence importante du nombre de signalements pour des violences sexuelles». «En 2025, quinze enquêtes ont été ouvertes pour des faits d’agressions sexuelles dans des écoles maternelles parisiennes sur des enfants de moins de cinq ans.»




