Valence, Avignon, Saint-Etienne, Perpignan ou encore Marseille. Le sordide réseau de proxénètes officiait sur une zone géographique étendue pour mettre des adolescentes à disposition de ses clients. L’organisation qui exploitait les mineures âgées de 12 à 17 ans a finalement été démantelée, a fait savoir ce mercredi 3 décembre la Division de la criminalité organisée et spécialisée de la Drôme, confirmant une information d’Ici Drôme-Ardèche (ex-France Bleu) et du journal Le Dauphiné Libéré.
Enquête
Six victimes ont été identifiées par les enquêteurs. Les adolescentes étaient forcées à se prostituer dans des hôtels et des logements de type Airbnb, selon la cheffe de la police judiciaire de Drôme-Ardèche. «Ils bougeaient régulièrement, allaient de ville en ville, deux jours ici, trois jours là», détaille auprès du Parisien Philippe Toussaint, chef de la DCOS. Selon la localisation des clients, les mineures étaient acheminées en train ou en voiture dans des villes de la moitié sud du pays.
Selon une source policière, les six adolescentes ciblées étaient «en rupture scolaire et en rupture familiale» et «placées dans des foyers, avec un parcours de vie difficile». Quatre d’entre-elles ont été entendues en garde à vue, deux ont fait l’objet d’audition libre, selon la police, qui précise que toutes ont été libérées et remises à des foyers.
Une centaine de clients, dont une dizaine identifiés
Quel est le profil des hommes arrêtés ? «Les proxénètes ont entre 19 et 27 ans», dont quatre sont originaires de Valence et un de Saint-Etienne, a ajouté la commissaire Despringre. C’est via le site internet Sexemodel que les proxénètes présentaient les adolescentes. Ces cinq hommes ont été mis en examen à Valence et placés ce mercredi en détention provisoire. Les membres de ce réseau étaient jusqu’alors connus des services de police et de justice pour des délits mineurs, dont la vente de stupéfiants ou des vols.
Le dossier compte par ailleurs une centaine de clients disséminés dans le sud de la France. Selon ICI Drôme, au moins douze d’entre eux ont déjà été identifiés par la police. Ils seront jugés en avril au tribunal de Valence.
Interview
L’enquête de police a démarré cet été, après un signalement de la mère de l’une des jeunes filles. Puis, les gendarmes de Crest, petite ville située dans le sud de Valence, sont mis dans la boucle. Les militaires enquêtaient déjà de leur côté sur les violences subies par une jeune fille de 12 ans.
Finalement, les investigations ont été centralisées au sein du Service interdépartemental de la police judiciaire à Valence. De quoi permettre de démanteler ce réseau qui a opéré près d’une année au moins depuis le début de 2025, selon la police.




