Le profil de Pierre-Alain Cottineau, ancien candidat LFI, engagé dans la communauté LGBTQI + et travaillant dans les milieux de l’enfance, était-il indétectable ? Selon une enquête du Point publiée lundi 2 février, plusieurs signalements ont été faits à différents niveaux avant même que les autorités hollandaises ne s’intéressent au trentenaire, aidant alors la police française à remonter jusqu’à un réseau de pédocriminels dans l’Hexagone. Pierre-Alain Cottineau, 33 ans, a été mis en examen en juillet pour «viols avec actes de torture ou de barbarie».
Reportage
Dans cette affaire sordide, quatre hommes ont été mis en examen en plus de l’ancien candidat insoumis, qui habitait la petite ville d’Oudon (Loire-Atlantique). Tous auraient participé à des viols et agressions sexuelles sur trois enfants, âgés de 5 mois à 4 ans, avec pour certains, des soupçons de soumission chimique.
Signalement dès juillet 2024
Alors que Pierre-Alain Cottineau a été arrêté en septembre 2024, le Point révèle qu’un signalement tout à fait concret avait été effectué quelques semaines plus tôt, en juillet, par un ex-compagnon du mis en cause. Celui-ci s’était rendu le 20 juillet 2024 dans un commissariat du Morbihan pour faire part de ses soupçons alors que Cottineau se vantait, dit-il, d’avoir des relations sexuelles «quasi quotidiennes» avec une enfant de 4 ou 5 ans. Le témoin assure en outre avoir reçu plusieurs mois plus tôt une vidéo de Cottineau imposant une relation sexuelle à la fillette.
Qu’est devenu ce signalement ? Il a été versé au dossier judiciaire… seulement le 15 octobre, soit après l’ouverture de l’enquête. Nul doute que les autorités, police et gendarmerie, devront s’expliquer face à ce qui peut s’apparenter à un raté.
Enquête
D’autant que, si cette alerte semble avoir été la plus alarmante, elle n’a pas été la seule. Après son arrestation le 23 septembre 2024, Pierre-Alain Cottineau a affirmé aux enquêteurs avoir des pulsions pédophiles depuis ses 11 ans. Il se souvient avoir alors commis des attouchements sur un enfant de maternelle.
Aux alentours de ses 16 ans, il s’en serait pris à un enfant de 5 ans alors gardé par sa mère, assistante maternelle. C’est elle qui l’aurait signalé à la protection maternelle et infantile – qui dépend du département –, sans conséquence à cause de «l’absence de plainte des parents de la victime», a-t-elle déclaré aux enquêteurs.
«Sans empathie réelle pour ses victimes»
Désormais aux mains de la justice, Pierre-Alain Cottineau affirme ne pas avoir «choisi d’être comme ça. J’aurais aimé que l’abcès soit crevé avant, mais il n’y a pas d’espace pour les pédophiles en France». Selon le Parisien, Cottineau raconte avoir trouvé, la trentaine passée, une forme de «soutien» sur une messagerie Telegram où il a commencé à échanger avec d’autres pédophiles «pour discuter et partager des contenus». Une habitude qui serait devenue avec le temps «une drogue qui alimente les fantasmes».
Auparavant aide-soignant, il obtient en décembre 2023 l’agrément pour devenir assistant familial. Une enfant de 4 ans est placée chez lui une semaine sur deux. La fillette porteuse d’un handicap physique et d’un retard cognitif devient vite un objet sexuel pour Cottineau. Il filme les viols et les diffuse sur Telegram, parfois en direct. C’est l’une de ces vidéos, sur laquelle apparaît le visage de la victime, qui permettra à l’Office mineurs d’identifier puis d’arrêter Pierre-Alain Cottineau.
En deux ans, le mis en cause aura pu s’en prendre à trois enfants, en invitant parfois ses «amis» de Télégram à participer à des agressions sexuelles ou des viols collectifs. Il ira jusqu’à sélectionner quatre hommes afin d’abuser d’un autre enfant, un garçon de 2 ans, pendant une journée entière. Puis lors d’un deuxième rendez-vous, auquel ne viennent que deux hommes sur les quatre initiaux, deux semaines plus tard.
Violences sexuelles
Cités par le Parisien, des extraits des conclusions de l’expert psychiatrique qui a évalué le mis en cause évoquent un profil «agressif», «sadique», «égocentrique», «sans empathie réelle pour ses victimes» et doté d’une «organisation perverse affirmée». L’hypothèse d’une altération ou d’une abolition du discernement est écartée. Cet homme socialement inséré et engagé sur le plan associatif est également le père d’une fille née en 2019, dont il avait la garde en coparentalité avec un couple de femmes. Il affirme ne jamais s’en être pris à elle.
Selon le Point, lors d’un entretien avec un assistant socio-éducatif après sa candidature pour devenir assistant familial, Pierre-Alain Cottineau a été interrogé sur les liens qu’il entretenait avec sa fille : «Je lui dis que je l’aime, je passe du temps avec elle […]. Pour les câlins, je la laisse venir, je n’impose pas. Comme pour les bisous, c’est son corps. […] Le rapport au corps, ça me tient à cœur de lui apprendre tout ça.»




