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Affaire du financement libyen : dernier incarcéré, l’intermédiaire Alexandre Djouhri libéré et placé sous contrôle judiciaire

La cour d’appel de Paris a autorisé ce mercredi la remise en liberté du Franco-Algérien. Il était le dernier prévenu du procès libyen à être encore incarcéré.

L'homme d'affaires franco-algérien Alexandre Djouhri, à Paris le 8 avril 2025. (Alain Jocard/AFP)
Publié le 10/12/2025 à 10h58

La cour d’appel de Paris a accepté ce mercredi 10 décembre de libérer sous contrôle judiciaire le dernier prévenu du procès libyen à être encore incarcéré : l’intermédiaire Alexandre Djouhri. L’homme d’affaires franco-algérien de 66 ans avait été condamné le 25 septembre à six ans de la prison ferme par le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire du financement libyen de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. Et à trois millions d’euros d’amende, pour son implication dans les schémas financiers complexes impliquant de hauts dirigeants libyens. Dans ce dossier, deux autres personnes ont été condamnées en première instance à des peines d’emprisonnement avec mandat de dépôt et exécution provisoire de peine : l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, condamné à cinq ans de prison, et le banquier Wahib Nacer.

Alexandre Djouhri a notamment été interdit ce mercredi de sortir d’Ile-de-France, de s’absenter de son domicile entre 8 heures et 20 heures ou d’entrer en contact avec ses coprévenus. Il a également l’interdiction de mener une activité d’intermédiation économique et devra remettre à la justice ses passeports français et algérien et pointer une fois par semaine à la gendarmerie.

Procès en appel en 2026

Alexandre Djouhri avait déjà sollicité sa remise en liberté début novembre. Une première demande rejetée par la cour d’appel. Cette dernière avait estimé que l’homme d’affaires présentait un risque de fuite et des garanties de représentation «particulièrement faibles». Observant qu’il avait les nationalités française et algérienne, et qu’il était résident suisse, le magistrat a estimé que la justice n’aurait pas les moyens d’empêcher son passage en Suisse, et peut-être plus tard en Algérie. Le parquet général s’était aussi opposé à sa libération pour les mêmes raisons.

Mais la cour d’appel a changé d’avis. Selon l’avocat de l’homme d’affaires, Me Pierre-Henri Bovis, Alexandre Djouhri devrait sortir de la prison parisienne de la Santé «dans les prochaines heures» : «La cour d’appel de Paris, par sa décision, a reconnu cette fois-ci qu’il y avait des garanties de représentation suffisantes, et a enfin admis qu’il n’y avait pas de risque de fuite ou de pression» sur les témoins, s’est-il félicité, soulignant que son client ne s’était «jamais dérobé à ses obligations».

Nicolas Sarkozy, lui, a été incarcéré vingt jours à la prison de la Santé, avant d’obtenir sa libération le 10 novembre auprès de la cour d’appel. Wahib Nacer, qui avait été condamné à une peine de quatre ans d’emprisonnement avec mandat de dépôt à exécution provisoire, a également été libéré de prison le 28 octobre.

Alexandre Djouhri devrait donc comparaître libre, comme tous ses coprévenus, au procès en appel du financement libyen qui se tiendra du 16 mars au 3 juin à Paris. Au total, 10 personnes, dont Nicolas Sarkozy et deux de ses proches, Claude Guéant et Brice Hortefeux, seront rejugées dans ce dossier.

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