Le match va de nouveau se jouer, mais cette fois-ci devant la cour d’appel. L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, condamné le 25 septembre pour «association de malfaiteurs» dans l’affaire du financement de sa campagne de 2007, va être jugé en appel du 16 mars au 3 juin, a annoncé la cour d’appel de Paris dans un communiqué ce jeudi 13 novembre.
Le tribunal correctionnel avait ordonné l’exécution provisoire de sa peine en raison de «l’exceptionnelle gravité» des faits, entraînant l’incarcération de Nicolas Sarkozy à la prison de la Santé le 21 octobre. Après vingt jours de détention, il a été remis en liberté lundi et placé sous contrôle judiciaire renforcé pour le dissuader de faire pression sur des protagonistes ou témoins de l’affaire libyenne, qui passerait par un nouveau bracelet électronique, après celui déjà arboré au printemps dernier lors du procès libyen, après sa condamnation définitive dans l’affaire Bismuth.
Décryptage
L’ancien chef de l’Etat a été condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs, reconnu coupable d’avoir sciemment laissé ses collaborateurs démarcher la Libye de Mouammar Kadhafi pour solliciter un financement occulte de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007. Il clame son innocence.
A ses côtés, seront rejugées neuf autres personnes, parmi lesquelles figurent deux anciens proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et Brice Hortefeux, ainsi que l’intermédiaire Alexandre Djouhri, condamné à six ans de prison en première instance et incarcéré depuis.
Le tribunal correctionnel de Paris avait prononcé l’extinction de l’action publique pour l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine, mort en septembre au Liban, et pour un autre ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, qui avait déjà été condamné pour les mêmes faits dans une procédure distincte.
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Il avait aussi relaxé trois personnes, Eric Woerth, ancien ministre du Travail et du Budget sous Nicolas Sarkozy, et qui fut le trésorier de sa campagne présidentielle de 2007 ; Edouard Ullmo, un ancien vice-président exécutif d’Airbus ; et le Saoudien Ahmed Bugshan. Mais le Parquet national financier (PNF) a interjeté appel pour l’ensemble des prévenus, à l’exception d’Ahmed Bugshan.
Lundi, quelques heures après sa sortie de prison, Nicolas Sarkozy a affirmé sur X qu’il allait préparer son procès en appel, afin de prouver son innocence. «La vérité triomphera», a-t-il assuré.




