Il l’aurait rencontré à trois reprises lors de dîners d’affaires en 2018 et 2019. Les organisateurs du Forum économique mondial ont annoncé ce jeudi 5 février l’ouverture d’une enquête interne sur les liens de son PDG, Borge Brende, avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
Enquête
Les organisateurs de cet événement, qui réunit chaque année les élites économiques, politiques et diplomatiques dans la station de ski chic de Davos, veulent «clarifier» les liens de Borge Brende avec le financier américain, alors que les noms de nombreuses personnalités ressortent dans les documents récemment divulgués dans cette affaire. Ils ont donc demandé à leur comité d’audit d’entamer «une enquête indépendante», affirment-ils dans un communiqué.
«Notre objectif est de gérer cette question de manière réfléchie et efficace», précise le communiqué, qui souligne que Borge Brende lui-même «soutient pleinement» cette démarche, qu’il a «lui-même demandée», et compte «coopérer».
«J’aurais pu mener une enquête plus approfondie»
Ancien ministre des Affaires étrangères de Norvège, Borge Brende est aux commandes du forum économique de Davos depuis 2017. Il va continuer d’assumer ses fonctions de président et directeur général de l’organisation durant cette enquête, sans être impliqué, explique le communiqué.
Borge Brende explique pour sa part avoir rencontré Jeffrey Epstein en 2018 lors d’un déplacement à New York, durant lequel il avait été invité par le diplomate et ancien vice-Premier ministre norvégien Terje Rod-Larsen à un dîner auquel participaient plusieurs dirigeants. Jeffrey Epstein lui aurait été présenté «comme un investisseur américain», explique-t-il dans le communiqué.
L’année suivante, il avait assisté «deux dîners similaires», comptant là encore Jeffrey Epstein et d’autres diplomates et dirigeants. «Ces dîners, et quelques emails et messages par SMS, sont [toute] l’étendue de mes interactions avec lui», a assuré Borge Brende.
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«J’ignorais complétement le passé et activités criminelles d’Epstein» , a encore affirmé l’ex-ministre norvégien, qui explique qu’il aurait sinon «décliné». «Je reconnais que j’aurai pu mener une enquête plus approfondie sur l’histoire d’Epstein, et regrette de ne pas l’avoir fait», a-t-il toutefois ajouté.
La simple mention du nom d’une personne dans le tentaculaire dossier Epstein ne suppose pas forcément d’acte répréhensible de cette personne. Mais les documents rendus publics montrent à tout le moins des liens entre le criminel sexuel Jeffrey Epstein ou son entourage et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l’existence de tels rapports.
Figure de la jet-set new-yorkaise dans les années 1990-2000, Jeffrey Epstein était accusé d’avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes, dont des mineures. Il avait été retrouvé pendu dans sa cellule de New York en 2019, avant d’être jugé.




