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Justice

Affaire Hamraoui : la joueuse réclame 3,5 millions d’euros au PSG, son ancien club

Kheira Hamraoui, qui joue désormais en Arabie saoudite, attaque le Paris-Saint-Germain aux prud’hommes après son agression physique en 2021. Son ex-coéquipière Aminata Diallo est mise en examen avec quatre autres personnes.

Kheira Hamraoui lors d'un match du PSG au Parc des Princes le 22 mars 2023. (Franck Fife/AFP)
Publié le 17/11/2025 à 20h43

Elle déplore les insultes de ses coéquipières, le silence du club et sa «mise à l’écart» du PSG. Kheira Hamraoui, ancienne joueuse du Paris-Saint-Germain et de l’équipe de France passée à tabac en 2021 avec la complicité présumée d’une ex-coéquipière, a demandé ce lundi 17 novembre près de 3,5 millions d’euros à son ancienne équipe. La joueuse, âgée aujourd’hui de 35 ans, avait été agressée à coups de barre de fer et frappée aux jambes par deux hommes le soir du 4 novembre 2021 à Chatou (Yvelines). L’agression s’était déroulée sous les yeux d’une autre membre du PSG, Aminata Diallo, alors que les deux joueuses rentraient d’un dîner ensemble.

Depuis, la justice soupçonne Aminata Diallo d’être l’instigatrice de cette agression et l’a mise en examen pour «violences aggravées» et «association de malfaiteurs», aux côtés de quatre hommes. Kheira Hamraoui, qui évolue désormais au club saoudien d’al-Hillal FC, estime ne pas avoir été soutenue par le club parisien, regrettant également une mise à l’écart après sa convalescence qui l’a incitée selon elle à partir.

La joueuse était «ostracisée» sur le terrain, dans les vestiaires et par les supporteurs parisiens, a assuré Me Pascal-Pierre Garbarini ce lundi lors d’une audience au conseil des Prud’hommes de Paris, citant les cyberattaques et insultes sur les réseaux sociaux, et le fait que deux de ses coéquipières (Kadidiatou Diani et Marie-Antoinette Katoto) «refus[ai] ent pendant les matches de [lui] adresser des passes». «Que fait le PSG ? Rien !», a affirmé le conseil de la plaignante, avant de demander 3,5 millions d’euros au Paris SG.

«247 mois de salaire»

La joueuse réclame «1 million d’euros à titre de dommages et intérêts pour harcèlement moral, 173 400 euros pour manquement aux obligations de sécurité, 300 000 euros de dommages et intérêts pour défaut de prévention au harcèlement moral, 1 million de dommages et intérêts pour préjudice moral et images et 1 million de dommages et intérêts pour perte de chance», a détaillé Me Garbarini.

Une somme équivalant à «247 mois de salaire», a raillé l’avocat du Paris SG Me Benjamin Louzier, rappelant que Kheira Hamraoui était payée pendant ses deux ans de contrat 14 450 euros bruts. «Il n’y a pas de pièce», «pas de certificat médical», a souligné l’avocat du PSG, qui relève que Kheira Hamraoui n’a pas écrit à son employeur, ni saisi le CSE de son entreprise, comme le prévoient les dispositifs en vigueur et dont peut se prévaloir tout salarié.

Et la soirée du 4 novembre 2021, lors de laquelle a eu lieu l’agression, était «hors du contrat de travail», a plaidé le conseil du club parisien. Preuve, selon lui : la joueuse «n’a pas demandé la qualification de l’accident du travail», a-t-il tenté, en demandant le rejet de la demande. La décision sera rendue le 16 décembre.

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