Journée chargée pour le PSG sur le front judiciaire. Le jour même où le club est condamné par les prud’hommes à verser près de 61 millions d’euros à son ancienne star Kylian Mbappé, le parquet de Versailles a requis un procès contre l’ex-attaquante du club Aminata Diallo, a appris l’AFP mardi 16 novembre, confirmant une information de l’Equipe.
L’internationale est soupçonnée d’avoir commandité l’agression de son ancienne coéquipière, la milieu de terrain Kheira Hamraoui, en 2021, sur fond de rivalité sportive. Le parquet a demandé qu’Aminata Diallo, qui évolue aujourd’hui en Arabie Saoudite, soit jugée pour complicité de violences volontaires aggravées – notamment en donnant les instructions pour commettre l’agression – et participation à un groupement en vue de la préparation d’un ou plusieurs délits.
«Bénéficiaire directe» et «commanditaire» de l’agression
Les faits sont les suivants : alors qu’elle rentrait d’un dîner d’équipe dans la voiture d’Aminata Diallo, Kheira Hamraoui, sélectionnée 42 fois en équipe de France, est agressée par deux hommes à Chatou (Yvelines). Ils la frappent à coups de barres de fer, notamment sur les jambes, le tout sous le regard d’Aminata Diallo, ceinturée par les assaillants. Les blessures de Kheira Hamraoui nécessiteront des points de suture et l’empêcheront notamment de disputer la rencontre de Ligue des champions qui oppose le PSG au Real Madrid le 9 novembre 2021.
Après l’agression de la milieu de terrain, une information judiciaire est ouverte pour association de malfaiteurs et violences aggravées. Quatre hommes sont interpellés et finissent, en septembre 2022, par mettre en cause Aminata Diallo. La joueuse sera placée en détention provisoire puis libérée sous contrôle judiciaire. L’enquête est ensuite élargie pour escroquerie en bande organisée en raison de suspicions d’agissements dans l’entourage d’Aminata Diallo, délit pour lequel le parquet a requis un non-lieu.
Aminata Diallo «apparaît comme la bénéficiaire directe de l’agression physique de sa coéquipière», a détaillé le parquet de Versailles ce mardi 16 décembre, qualifiant l’ancienne milieu du PSG de «commanditaire» de l’agression. Un procès devant le tribunal correctionnel est également requis contre six autres personnes, dont César Mavacala, conseiller sportif de plusieurs joueuses parisiennes et proche d’Aminata Diallo. «Ces réquisitions sont un écran de fumée», ont réagi auprès de l’AFP Romain Ruiz, Mourad Battikh et Chloé Redon, qui défendent la joueuse accusée. «Aminata Diallo n’a pas commis ces faits et nous le démontrerons, quels que soient les artifices de l’accusation», ajoutent-ils.
La joueuse déboutée devant les prud’hommes
Concernant César Mavacala, soupçonné d’avoir exercé des pressions sur le PSG pour obtenir d’une part la signature ou la prolongation de joueuses qu’il représentait, dont Diallo, mais aussi l’éviction de Hamraoui du groupe, le parquet a requis son renvoi pour exercice de l’activité d’agent sportif sans licence, mais pas pour extorsion en bande organisée, faits pour lesquels il a demandé un non-lieu.
Cette affaire valait indirectement au PSG, le même jour, d’attendre la décision du conseil des prud’hommes de Paris, saisi par Kheira Hamraoui qui reprochait au club de l’avoir «mise à l’écart» après sa convalescence, entraînant ainsi son départ en 2023. Mais la joueuse, qui réclamait 3,5 millions d’euros de réparation du harcèlement moral qu’elle disait avoir subi, a été déboutée par la cour. En réaction, le PSG a déclaré «prendre acte» de cette décision, «qui confirme que le club a agi dans le respect du droit et de ses obligations contractuelles tout au long de la relation de travail». Dans la soirée, la joueuse a annoncé qu’elle ferait appel de ce jugement.




