Un peu moins de cinq ans après la disparition de Delphine Jubillar, volatilisée dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, près d’Albi (Tarn), le procès de Cédric Jubillar, son ex-compagnon et suspect central dans cette affaire, s’ouvre ce lundi 22 septembre. Après trois années d’instruction, les juges ont renvoyé l’homme de 38 ans devant les assises du Tarn pour «meurtre commis par le conjoint de la victime». Le peintre-plaquiste, en détention provisoire depuis juin 2021, nie depuis le début de l’affaire être le meurtrier de celle qui était devenue sa compagne vingt ans plus tôt, et avec laquelle il était en instance de divorce.
Libération fait le point sur ce qu’il faut savoir avoir le début du procès de cette affaire hors norme, sur les plans judiciaires comme médiatiques.
Quatre semaines de procès
Le procès de Cédric Jubillar va se dérouler devant la cour d’assises du Tarn, à Albi, jusqu’au 17 octobre. Chaque jour, du lundi au vendredi, l’audience débutera à 9 heures.
Sur les quatre semaines du procès, les trois premières seront consacrées aux comparutions des différents experts et témoins de l’affaire, explique France 3 Occitanie. Cédric Jubillar devrait, lui, comparaître à la barre le vendredi 10 octobre. Pour la première fois depuis les faits, celui qui ne cesse de clamer son innocence aura ainsi la possibilité de s‘exprimer publiquement pour s’expliquer sur la disparition de sa femme.
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Puis, lors de la dernière semaine d’audience, place aux plaidoiries : celles des parties civiles d’abord, puis celle de la défense. Le verdict est attendu le 17 octobre.
Au total, 65 témoins, au moins 14 parties civiles et 11 experts défileront à la barre pendant près d’un mois pour essayer d’éclairer un dossier de 27 tomes et plus de 15 000 pages de procédure.
Des déclarations provocatrices
Dans cette affaire sans cadavre, ni témoin, ni scène de crime, «il y a de nombreux éléments qui vont dans le sens de la culpabilité» de Cédric Jubillar, estime une source proche de l’enquête citée par l’AFP. Et dans le dossier réuni par l’accusation, la personnalité de l’homme de 38 ans, ses déclarations fluctuantes, troublantes ou provocatrices ont pesé pour le renvoyer devant la cour d’assises du Tarn.
Jugé pour «meurtre commis par le conjoint de la victime», il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Un tribunal spécialement aménagé
Pour ce procès public, ouvert à tous, plus de 300 journalistes de près de 80 médias ont été accrédités. En comparaison, 50 journalistes avaient couvert le procès de Jonathann Daval fin 2020, rappelle la Dépêche du midi.
Le palais de justice d’Albi a été spécialement aménagé pour accueillir cette affluence exceptionnelle pendant près d’un mois. Une salle de retransmission a été mise en place au sein du tribunal d’Albi, à proximité de la salle de la cour d’assises où se déroulera le procès.
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Compte tenu de l’intérêt autour de cette audience, les responsables de la cour d’appel de Toulouse, en charge de l’organisation du procès, affirment avoir pris des mesures spécifiques pour assurer un «cadre propice à des débats sereins». «Nous savons que ce procès suscitera un fort engouement, nous ne pourrons bien évidemment pas accueillir toutes les personnes qui pourraient se présenter mais la publicité des débats est assurée», a assuré Nicolas Jacquet, procureur général auprès de la cour d’appel. Il précise qu’une «soixantaine de places» seront réservées au public.
A noter : le procès se tiendra dans le même palais de justice que l’appel de l’affaire Viguier en 2010, après la disparition d’une professeure de danse de 39 ans, Suzanne Viguier, volatilisée à l’hiver 2000.




