Au tribunal correctionnel de Paris ce jeudi, la victime, Sophie Conrad, pull bleu et pantalon noir, est présente, manifestement éprouvée par la situation, soutenue par une amie venue la réconforter. Elle qui s’est exprimée ces derniers jours dans les médias ne dit mot cette fois, s’effaçant derrière ses avocats. Le prévenu, Laurent Bigorgne, est absent. Proche d’Emmanuel Macron, l’ex-directeur (il vient de démissionner) de l’Institut Montaigne, très influent club d’idées patronal où travaille Sophie Conrad, est «hospitalisé», dans un «état de fragilité», explique son défenseur, Me Sébastien Schapira, qui demande pour cette raison le renvoi de l’audience. «Il aurait aimé présenter ses excuses les plus sincères, continuer à s’expliquer et à assumer, assure le conseil. Il a commis des actes dont il ne conteste pas la gravité.»
Les faits : le 22 février au soir, lors d’un dîner avec sa collaboratrice à son domicile parisien, il glisse des cristaux de MDMA, une drogue de synthèse apparentée à l’ecstasy, dans la coupe de champagne qu’il sert à Sophie Conrad, le tout à l’insu de cette dernière. Quelques minutes plus tard, la consultante se sent mal, soudainement sujette à des palpitations, bouffées de chaleur et vertiges. Elle se doute qu’elle a été droguée, prévient par SMS une amie, qui l’incite




