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Justice

Affaire Nahel Merzouk : l’appel du policier accusé du meurtre de l’adolescent examiné ce jeudi

Cette audience à huis clos se tiendra devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles. L’agent de police Florian M. conteste son renvoi devant la cour d’assises pour meurtre.

Une manifestation le 27 juin 2025 pour les deux ans de la mort de Nahel Merzouk. (Bastien Ohier/Hans Lucas. AFP)
Publié le 04/12/2025 à 10h30

Deux ans et demi après la mort de Nahel Merzouk, l’appel du policier accusé de l’avoir tué sera examiné ce jeudi 4 décembre. Il conteste son renvoi devant la cour d’assises pour «meurtre», ordonné le 3 juin par deux juges d’instruction, conformément aux réquisitions du parquet de Nanterre début mars.

Cette audience à huis clos se tiendra devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Versailles. A l’origine, elle était prévue le 2 octobre mais avait été renvoyée, l’avocat du policier ayant demandé un report en raison d’un conflit d’agenda.

Nahel Merzouk, 17 ans, a été tué le 27 juin 2023 d’une balle tirée à bout portant par le policier Florian M., qui contrôlait le véhicule qu’il conduisait. «Rien ne démontre que Florian M. était autorisé dans la circonstance à faire usage de son arme, en méconnaissance des principes de proportionnalité et d’absolue nécessité», argue l’ordonnance de renvoi des juges. Mais Me Laurent-Franck Liénard, l’avocat du fonctionnaire, assure quant à lui que le tir de Florian M. était «légitime» et «conforme au cadre légal», raison pour laquelle l’agent a fait appel. Quand bien même une expertise judiciaire écarte le danger pour les policiers au moment du tir.

Pour que «l’impunité des policiers cesse»

Auprès de l’AFP, le conseil de l’agent a précisé son axe de défense et la façon dont il prévoit de «contester» le renvoi devant les assises au cours de l’audience prévue ce jeudi. Soit en «développant des arguments juridiques qui n’ont pas été convenablement appréciés selon nous». «Nous espérons que la cour d’appel aura le recul nécessaire, à distance des faits et avec la sérénité de ses débats, pour prendre une décision différente et conforme au droit.» Son client, dont l’Inspection générale de la police nationale a proposé le renvoi devant un conseil de discipline, retravaille aujourd’hui au sein de la police nationale.

La famille de Nahel Merzouk garde espoir malgré tout. Frank Berton, l’avocat de Mounia Merzouk, la mère de l’adolescent, a expliqué à l’AFP attendre «de la chambre de l’instruction confirmation de l’ordonnance de mise en accusation rendue par le juge d’instruction et un renvoi» devant les assises.

Un second policier présent lors du contrôle, auparavant témoin assisté pour complicité de meurtre, avait bénéficié d’un non-lieu. Son avocate, Pauline Ragot, n’a pas souhaité s’exprimer en amont de l’audience. Cette fois, la famille de Nahel Merzouk «attend avec impatience la confirmation définitive du renvoi de [Florian M.] devant la cour d’assises pour qu’il soit jugé du meurtre de Nahel et que la responsabilité du deuxième policier soit retenue» mais surtout que «l’impunité des policiers cesse», souligne l’avocate Margot Pugliese, qui représente d’autres proches de l’adolescent.

La mort de Nahel Merzouk, devenu symbole de violences policières, avait été à l’origine de plusieurs nuits d’émeutes à travers la France. Deux ans et demi après les faits, la mémoire de l’adolescent est toujours vive à Nanterre, où famille et soutiens continuent de demander «justice».

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