Elle entre toute droite, les épaules droites, le regard droit, et même le cou tout tendu. Elle pivote dans son costume deux pièces bleu marine devant le pupitre, la salle entière est assise en attendant l’arrivée du président et de ses conseillers. Elle est debout, seule et droite. Elle patiente en levant son regard clair sur les dorures du plafond de cette salle de la cour d’appel de Paris. Elle triture ses mains dans son dos. Ce vendredi 23 janvier, Adèle Haenel semble autant redouter l’instant que ne plus être en mesure de retenir un témoignage qu’elle contient depuis la mi-décembre, quand la suite de l’audience, après des heures d’audition de Christophe Ruggia, avait été ajournée faute de temps.
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Quand le président surgit, il laisse parole libre à l’actrice de 36 ans. Et cette parole, ponctuée de silences comme des respirs, mais franche et précise, débute ainsi : «C’est dur pour moi de me retrouver ici à nouveau.» «Entendre», une nouvelle fois, celui qu’elle appelle «M. Ruggia» «à demi avouer une partie des faits, t




